Accueil
Genèse du monastère
P. Emmanuel
Saint Benoît
N-D de la Sainte-Espérance
Dom Paul Grammont
La famille olivétaine
N-D des Prés
La journée
vocation monastique
Amitiés
Oblats frères
Artisanat Présentation
Horaires du magasin
Hôtes
Moines, moniales, un chemin

Bibliothèque du monastère

Videos
Contacts
Horaires liturgiques
Accès
Le 150e anniversaire
Au fil du mois
Homélie 2
Horaires liturgiques
Accès
Contacts
Horaires Semaine Sainte
Accueil

  

                                

                   « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! je dois recevoir un baptême et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli. » Ces mots de Jésus rapportés par saint Luc expriment le cœur de son être, de son désir. Il est venu pour nous communiquer le feu de l’amour pour son Père et pour ses frères, ardeur qui le consume tout entier et qui ne rencontre le plus souvent que froideur et indifférence. Il est venu pour combattre jusqu’au bout le péché, le refus de Dieu, et il sait bien déjà que cette lutte va passer par sa mise à mort sur la croix, qu’il sera donc baptisé, plongé dans les grandes eaux de la mort pour aller jusqu’au bout de sa passion pour son Père et pour nous tous, en gardant le cœur ouvert et les bras largement étendus afin d’accueillir en lui tous ceux qui lèveront les yeux vers celui qu’ils auront transpercé.

Oui, Jésus est Amour et Espérance infinie. Mais cette espérance est pour lui à la fois une épreuve parce qu’il doit affronter la douloureuse réalité du mal, et une grâce parce que, en dépit de tout, par son ardent désir, il persiste à ouvrir des brèches dans l’opacité du monde.


          Ce n’est donc pas lui, Jésus, qui est venu apporter la division, comme une lecture superficielle de cet évangile pourrait nous le laisser croire. Ne dit-il pas, à la veille de sa Passion, en contemplant Jérusalem : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » ? Il est venu comme un révélateur du péché, du refus foncier qui nous habite. L’Innocent n’est-il pas celui qui est toujours persécuté, car il est parmi nous comme un reproche vivant de nos duretés, de nos fermetures, de nos manques de générosité, et du « chacun pour soi » ? Jérémie en a fait la rude expérience quand il fut jeté dans la citerne après avoir dénoncé au nom de Dieu le péché de ses contemporains. Si nous ne reconnaissons pas les contradictions qui nous habitent, nous ne pouvons suivre Jésus dont le chemin passe par la croix. Nous habitons un monde marqué par la violence, et cette violence nous habite, nous divise, nous atomise. La plus grande grâce que le Seigneur nous accorde est de le reconnaître devant Celui qui n’a jamais vécu dans le péché, en lui demandant de venir nous transformer par son Esprit qui est feu et lumière. Jésus vient toujours à son heure. Nous avons le pouvoir de consentir à l’accueillir ou de refuser. « Si nous consentons, Jésus met en nous une petite graine et s’en va. À partir de ce moment-là, Dieu n'a plus rien à faire et nous non plus, sinon attendre », écrivait la philosophe Simone Weil. Nous devons seulement ne pas regretter le consentement que nous avons accordé, le oui nuptial. Ce n’est pas aussi facile qu’il semble, car la croissance de la graine en nous est douloureuse. Puissions-nous demeurer fidèles dans l’attente et le consentement. Amen !

                   

Frère Bertrand

Vingtième dimanche du temps ordinaire

(Jr 38, 4-6,8-10 ; He 12, 1-4 ; Lc 12,49-53)

Homélie du vingtième dimanche du temps ordinaire

14 août 2022

ACCUEIL