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                        Et voici qu’il naît dans le mystère de cette Nuit très sainte, Nuit pascale déjà – nous sommes en la nuit du dimanche –, douce et sainte Nuit qui enfante le Jour éternel, le Soleil de justice portant la guérison dans ses rayons. Il naît en cette nuit nouvelle, Noël, celui que tous les prophètes avaient chanté, celui que le monde entier attendait, attend toujours, sans forcément le savoir, en le rejetant parfois, lui pourtant qui prodigue la joie de la divine miséricorde et fait grandir l’allégresse de la bonté fraternelle. Il naît en notre nuit, l’enfant de la Vierge annoncé par le saint voyant, Isaïe, Enfant à nous donné, dont on proclame le nom : Conseiller-Merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-paix. Oh, nous avons tant besoin de lui ! Nous avons tant besoin de toi, Jésus ! Tant besoin de te reconnaître, de t’accueillir, de t’adorer, ô Dieu d’amour.


          Tu nais dans un bel incognito. Hormis Joseph et Marie, qui connaît en cette nuit ton nom divin, ton nom sauveur ? Tous sont nommés dans le récit de ta naissance, celui qui se prétendait divin Auguste, Quirinius, David et sa bourgade natale, Bethléem, tes parents, Marie qui t’enfante, Joseph qui t’accueille. Mais de toi, comme de tous les petits juifs, il faudra attendre le huitième jour, celui de ta circoncision, pour apprendre ton nom. Tu te glisses avec une discrétion infinie dans notre histoire. Qui te reconnaîtra ?


          Tu nais, nouveau-né fragile, enveloppé de langes symboliques, confié à la seule garde aimante de tes parents, au cours d’un déplacement imposé par les puissants qui nous gouvernent, pour être recensé, toi dont le Nom est au-dessus de tout nom, toi en qui tous nos noms sont inscrits dans les cieux. À ce compte, petit enfant relevant du gouvernorat de Syrie, tu aurais aussi bien pu naître à Calais, Mytilène ou Lampedusa ? Qui donc t’accueillera, te protègera, te réchauffera ?


          Tu nais dans cette ville de David, Bethléem, la ‘Maison du pain’, toi le bon pain du ciel descendu sur la terre pour apaiser toute faim : la mangeoire et son foin sont à jamais ta plus belle patène d’humilité. Qui te mangera pour recevoir ton Esprit, communier à ton oblation, devenir don en toi ?


          Tu nais, inscrit par Joseph dans la lignée royale et messianique des Davidides, sceau de la fidélité de Dieu à son antique promesse au roi-berger : « Je te susciterai dans ta descendance un successeur ; c’est lui qui bâtira une maison pour mon nom ; je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. » (cf. 2 Sm 7, 12-14). Et te voici, Fils du Père éternel ; te voici, Temple véritable où Dieu est adoré en Esprit et vérité ; te voici, Maison de prière pour tous les peuples. Qui chantera pour toi l’hymne angélique : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime » ? Soyons attentifs : paix sur la terre aux hommes, virgule, (sous-entendu à tous les hommes), qu’il aime, tous également objets de sa divine bonté, de sa miséricorde inépuisable.


          Tu nais au milieu des bergers, reconnu par eux comme l’un d’eux, toi le Bon pasteur venu chercher et retrouver ta brebis perdue, perdue depuis qu’un jour un homme s’est défaussé : « Suis-je le gardien, le berger de mon frère ? » (Gn 4, 9). Alors te voici, berger divin promis, Agneau de Dieu immolé, qui donne ta vie en abondance, qui enlève le péché du monde. Laisse-moi, ô Jésus, tandis que tu reposes dans la mangeoire, te dire ce petit conte de Noël. Il se passe dans notre ville de Troyes, il y a quelques jours. Il est rigoureusement authentique. Survient, par un froid vendredi soir, une petite famille africaine, d’Angola, à la Croix-Rouge. Cinq personnes, les deux parents et trois jeunes enfants, le dernier n’a pas deux ans. Expulsés de leur CADA parisien, centre d’accueil de demandeurs d’asile, car déboutés de leur demande, ils arrivent à Troyes où on leur a dit que ce serait plus facile pour eux. Branle-bas de solidarité à la Croix-Rouge : après bien des démarches, on leur trouve un hébergement au moins pour le week-end. Les voici donc montant dans une voiture pour se rendre à ce foyer, on ajoute à l’arrière du véhicule des sièges pour enfants, trouvés sur place, et la conductrice ramasse sans y prêter attention un papier qui traîne sur l’un de ces sièges. Une fois la famille déposée à bon port et installée à l’abri, ladite conductrice retourne chez elle, vide ses poches et retrouve le papier : une image du Saint-Suaire de Turin, portant au verso ces mots : « Aide nous à Te reconnaître en chaque personne, pour te servir et pour proclamer ton amour... » Oui, aide-nous. Joyeux Noël, Jésus !  


           


Frère Bernard

Homélie de la Messe de la nuit de Noël

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Nuit de Noël

((Is 9, 1-6, 12 ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14)