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            Jean disait : « Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue. »

Si Jean est le précurseur de Jésus, le Fils bien-aimé, il nous révèle notre vocation propre puisque nous sommes fils dans le Fils, appelés à laisser grandir en nous la vie d'enfant de Dieu et à nous effacer devant elle pour qu'elle prenne toute la place en nous.


          Les lectures d'aujourd'hui nous donnent quelques indications sur ce processus de naissance à la vie du Christ. Le Père dit à chacun d'entre nous : « Tu es mon serviteur, en toi, je manifesterai ma splendeur. » Mais, pour que cette splendeur apparaisse pleinement, il est nécessaire de se situer sans cesse dans une totale transparence à l'action de Dieu, de se souvenir en tout temps - surtout aux moments difficiles - que le Seigneur nous a façonnés, appelés dès le sein maternel, avant même que nous ayons pu faire quoi que ce soit pour mériter sa bienveillance. Depuis toujours jusqu'à toujours, nous sommes enfants de Dieu, appelés à reproduire dans notre vie l'image du Fils unique en qui tout a été créé, et qui nous appelle à ne faire plus qu'un avec lui. Oui, rappelons-nous cet amour et, en même temps, rompons avec notre « mauvais passé ».


          Soyons attentifs aussi à un détail très important de l'évangile : Jean, nous est-il dit, doit logiquement s'appeler Zacharie, comme son père. Et Élisabeth de déclarer : Non, il s'appellera Jean ». Il y a là une rupture forte de la tradition. Quand on sait que Zacharie signifie « Dieu se souvient » et que Jean veut dit « Dieu est miséricorde », on comprend mieux la rupture à laquelle nous sommes tous conviés. Notre Dieu est le Père de Jésus, Celui qui fait toutes choses nouvelles ; s'il se rappelle toujours son alliance, il ne veut plus se souvenir du péché et de l'infidélité de l'homme. Il nous appelle à goûter sa miséricorde en accueillant librement la vie de Jésus en nous. Il nous appelle à voir les entraves de nos péchés tomber, pour sentir tout notre être se déployer et chanter le Dieu qui fait miséricorde. La venue de Jean parmi les hommes exprime tout cela et est encore valable pour chacun d'entre nous aujourd'hui.


          Oui, dès le sein maternel, la main du Seigneur est sur nous, mais savons-nous la discerner et l'accueillir ? Acceptons de nous convertir, de nous tourner résolument vers celui que Jean désigne, lors du baptême au Jourdain, comme l'Agneau de Dieu et qui se tient au milieu de la foule des pécheurs pour prendre sur lui leurs souillures et porter leurs péchés ? Il n'est pas si facile que cela d'accepter gratuitement le don de Dieu dans nos vies ; il n'est pas si aisé de dire : « il faut que lui grandisse et que moi, je diminue. », autrement dit, il faut que je renonce à mes plans, à mes vues sur le futur, pour entrer dans mon seul véritable avenir qui est la présence à mes côtés de Celui qui me pardonne gratuitement et qui me dit : « Viens et suis-moi. Viens comme Jean jusque dans le désert où tous tes masques et tous tes faux-semblants tomberont. Viens dans ce lieu secret où seul, règne le silence dépouillé et dépouillant de l'amour. » Alors, si nous y consentons, nous pourrons redire comme Jean : « Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Je ne suis pas à moi-même ma fin. Ma part, mon héritage, mon avenir, c'est le Seigneur. Qu'il fasse de moi ce qu'il voudra pourvu qu'il me fasse naître à la vie de Jésus, le Fils bien-aimé. Que Jean-Baptiste intercède pour nous afin que le Christ, Soleil levant qui vient nous visiter, soit notre seule lumière pour la joie de beaucoup !



                             

 Frère Bertrand 

Nativité de saint Jean-Baptiste

(Is 49, 1-6 ; Ac 13, 22-26 ; Lc 1 57-66.80)

  

Nativité de saint Jean-Baptiste

Homélie du 24 juin 2018

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