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                « Commencement de l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. » Dimanche dernier, nous entendions, dans son appel insistant à veiller, les dernières paroles de Jésus avant sa Pâque. Aujourd’hui, nous nous situons on ne peut plus clairement devant un commencement. Mais, et de manière tout aussi évidente, ce commencement n’est pas un point de départ absolu puisqu’il fait immédiatement appel à un ‘avant’, à cette voix, évangélique elle aussi, portée par les prophètes, par toute la révélation transmise à Israël : « Comme il est écrit dans Isaïe le prophète […] préparez le chemin du Seigneur. » L’Esprit Saint a parlé par les prophètes, proclamons-nous dans le Credo, on ne peut donc dissocier Ancien et Nouveau Testament. La venue de Jésus éclaire et perfectionne la première alliance sans l’abolir ; et l’on ne peut comprendre Jésus, Messie ou Christ, sans s’inscrire dans la lignée de la Loi et des prophètes d’Israël.


          Oui, c’était bien déjà un évangile, une radieuse nouvelle, que proclamait la voix mystérieuse relayée par le prophète Isaïe : « Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Ne crains pas, dis : "Voici votre Dieu", il vient avec puissance, son bras lui soumet tout ; il porte les agneaux sur son cœur. » Annonce d’une libération, non de la servitude en Égypte, mais de la déportation et de l’exil à Babylone. Cela, qui avait été perçu, vécu par le peuple comme un châtiment de son infidélité, voilà que le Seigneur lui-même y met fin, qu’il acquitte la dette, la rançon. Ton service est accompli, ton crime est expié, tel est le message de consolation au peuple exilé. Le Seigneur en personne prend en charge ta délivrance.


          Jean le baptiseur, en paraissant dans le désert, en y proclamant un baptême de conversion, met ses pas dans ceux d’Isaïe, de tous les prophètes qui annoncent le jour de la venue du Seigneur. Libération non pas passagère, éphémère, historique, mais salut définitif, eschatologique. Ce salut est l’œuvre de Dieu, et de Dieu seul : c’est lui qui expie les péchés de son peuple. Remarquons dans quel ordre sont énoncés les éléments du baptême que Jean administre : tout d’abord, il proclamait la conversion pour le pardon des péchés, entendons pour accueillir le pardon ; ensuite seulement, ceux qui se faisaient baptiser confessaient leurs péchés. Ce qui est premier, ici au bord du Jourdain comme dans notre baptême et dans le sacrement du pardon qui en ravive en nous la grâce libératrice, c’est le pardon de Dieu. Inconditionnel. La conversion ne consiste pas d’abord ni seulement en notre contrition, dans nos pénitences, elle est bien plus profonde, radicale : elle consiste en l’accueil par la foi de ce pardon absolu, sans autre motif que l’amour. Il s’agit de nous tourner résolument vers Celui qui nous aime et nous pardonne gratuitement, qui sanctifie son saint nom en nous sanctifiant, en nous plongeant dans une grâce d’innocence. Si Jésus est annoncé par Jean comme « le plus fort », c’est parce qu’il a remporté la victoire sur celui qui possédait la puissance de la mort, la triste puissance du péché, du refus d’aimer, c’est-à-dire Satan. Et cette victoire, c’est dans le vrai baptême, celui de Jésus le Christ, autrement dit dans sa mort, dans sa pâque, qu’elle devient effective, totale, remportée pour tous : non seulement toute la Judée et tout Jérusalem, mais tout homme, de toute culture ou religion. Voilà le baptême où il nous faut plonger : accueillir l’amour d’un Dieu qui meurt de nous aimer, qui que nous soyons, quoi que nous ayons fait. Pourvu seulement que nous le laissions nous ressaisir, nous restaurer dans sa grâce. Nous donner son Esprit Saint.


          Alors le travail de notre Avent, frères et sœurs, notre manière d’accueillir la venue, le Règne du Christ, pourrait bien être l’espérance. Espérer pour tous, envers et contre tout. Puisque – saint Pierre nous l’assure – « Dieu ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, il veut que tous parviennent à la conversion. » Voyons donc quels hommes nous devons être, en vivant dans la sainteté et la piété, nous qui hâtons l’avènement du Jour de Dieu. Si Dieu prend patience, pourquoi serions-nous impatients, anxieux ? La feuille de route est claire et précise : participer à son règne par la patience, la passion d’autrui, le service gratuit. En actes. Le don de notre Roi, l’eucharistie, nous y dispose.   

                 


 Frère Bernard 

Deuxième dimanche de l'Avent

 ((Is 40, 1-5.9-11 ; 2 P 3, 8-14 ; Mc 1, 1-8)

  

Homélie du 10 décembre 2017

Deuxième dimanche de l'Avent

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