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            « Je suis un homme aux lèvres impures » s’écrie le plus grand des prophètes, Isaïe. « Je suis le plus petit des apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu », confie saint Paul. « Seigneur, éloigne toi de moi car je suis un homme pécheur », déclare Pierre à Jésus.


          Trois confessions sans fard, trois aveux de pauvreté, trois témoignages d’insuffisance et de misère face à la grandeur de Dieu. C’est que la révélation de l’amour divin n’est pas à notre mesure, sa fécondité n’est pas nôtre, et l’homme qui se voit chargé d’annoncer la grâce et la miséricorde de Dieu réalise avec acuité sa pauvreté radicale, la profondeur de son péché, mais surtout la nécessité heureuse de donner toute la place au don de Dieu dans sa vie. Car si le Seigneur choisit des pécheurs pour manifester son amour, ce n’est pas pour accabler ceux dont il fait ses messagers sous le poids d’une culpabilité intense, c’est pour bien montrer que tout est possible à Dieu : quand bien même notre péché serait comme l’écarlate, le Sauveur peut nous donner de devenir blanc comme neige sous son regard. Jésus le dit de mille et une manières dans l’Évangile : « sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Et lui-même s’est sans cesse remis entre les mains de son Père pour accomplir la mission qui lui était confiée. Jusqu’au bout, il s’est reçu du Père ; jusqu’à la fin, il n’a cessé de faire sienne cette prière : « En tes mains, Père, je remets mon esprit. »


          Si Jésus demande à ses disciples d’avancer au large et de continuer à jeter leurs filets alors qu’ils n’ont rien pris de toute la nuit, c’est pour que ceci soit bien clair : nul n’est rivé définitivement à son passé, nul n’est captif à jamais de ses échecs et de ses chutes. Le Seigneur est le Tout-Puissant, l’avenir lui appartient ; il se sert même de nos découragements pour nous enraciner dans la certitude qu’il peut faire toutes choses nouvelles pourvu que nous lui remettions ce qui nous désespère. Alors, plutôt que de de nous laisser emmurer dans la vision déprimante nos insuffisances et de nos failles, tournons-nous résolument vers Celui qui est l’Alpha et l’Omega de nos histoires personnelles et communautaires. Il détient les clés de la victoire sur la nuit, la mort et la désespérance. La merveille de la vie en Christ est de nous donner d’expérimenter que nous sommes conduits à dépasser ce que nous sommes ou de ce que nous croyons être pour nous tourner vers celui qui ne cesse de nous ouvrir la voie et qui a le pouvoir de transformer nos stérilités en fécondité, nos fautes en occasions de grâce.


          Et si le Seigneur nous choisit, c’est précisément parce que nous sommes de pauvres pécheurs. Qu’aurions-nous donc à annoncer si nous n’étions pas témoins du pardon gratuit de nos péchés ? Comment notre annonce serait-elle crédible si nous n’avions pas fait, les premiers, l’expérience très concrète de la miséricorde en recevant le pardon ? Pour cela, il suffit d’être vrai devant Dieu, de se tourner vers lui avec confiance et d’espérer tout de lui. Si nous avons le ferme propos de venir à la lumière et de lui faire une confiance absolue, nous sommes déchargés de notre fardeau et nous annonçons, chacun selon notre vocation propre, sa miséricorde en devenant pêcheurs d’hommes à la suite des apôtres. Avec le Christ, il n’y a pas d’impasse ; il n’y a qu’une seule perspective : celle d’une transfiguration universelle de toute créature par l’amour accueilli et partagé.


Frère Bertrand

Cinquième dimanche du temps ordinaire

(Is 6, 1-2a.3-8 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-11)

Cinquième dimanche du tems ordinaire

Homélie du 10  février 2019

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