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                Cette parabole, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, heurte volontairement notre sens naturel de la justice : comment est-ce possible que Dieu traite de la même façon ceux qui ont peiné longtemps à son service et ceux qui en sont venus à le suivre aux ultimes instants de leur existence ? Ne pensons pas trop vite que nous sommes loin de ce genre de réflexions et que nous n’entretenons aucun esprit de calcul ? Sur certains points, peut-être, mais sur d’autres, c’est à voir. Ne nous disons-nous parfois, aux heures de lassitude ? À quoi bon essayer de vivre au plus près du Seigneur, dans une vie de renoncement et de dévouement, tout au long de notre existence, si cela ne rapporte vraiment rien ? Autant attendre la dernière heure !


          Mais justement, cette dernière heure, nous ne la connaissons pas et le Dieu que nous servons n’a pas du tout la même conception du temps que nous. Pour nous, le temps est un capital : nous amassons des mérites, nous comptons sur toutes nos heures de service pour faire valoir ce qui nous semble dû, ou bien nous nous désespérons parce que nous avons le sentiment d’avoir perdu le temps de l’existence qui nous était dévolu et que nous allons paraitre stériles et nus devant notre Dieu. Comment nous justifierons-nous si nous ne disposons de rien à lui présenter ?


          Or, pour Dieu, le temps n’est pas un capital, notre existence ne nous confère aucun droit, aucun privilège. La vie avec Lui n’est pas une question de durée, mais d’intensité de présence. Le temps de Dieu est toujours celui de l’aujourd’hui. Comme le disait avec sagesse, saint Antoine, père des moines : « Aujourd’hui, je commence. » Seul celui qui décide de commencer chaque matin, à chaque instant, prend conscience qu’il ne sait encore rien sur Dieu, qu’il n’a aucun droit sur lui, sinon de l’aimer et de se laisser aimer par lui. Ce qui compte ce n’est pas la longueur du temps passé au service de Dieu, c’est l’intensité de notre amour pour lui dans l’instant présent, seul lieu de la rencontre avec lui ; toujours neuf, toujours inédit, toujours chargé des infinies potentialités d’un amour qui ne peut cesser.


          Ce n’est pas pour rire, ce n’est pas avec défit, que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus confessait : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant Dieu, les mains vides. » Elle savait bien que Dieu se donne infiniment à ceux qui attendent tout de lui, ici et maintenant, avec tout l’amour de leur cœur. Jésus a vécu intensément chaque instant, sans thésauriser, sans s’inquiéter, sans faire de plan ; c’est de cette même intensité d’amour des fils présents à leur Père qu’il veut nous voir vivre. N’est-ce pas cela qu’il s’attache à nous faire comprendre en nous choquant par ses paraboles ? Heureux sommes-nous si, aujourd’hui, maintenant, nous accueillons son enseignement, le cœur ouvert, le cœur pauvre, le cœur dépouillé de tout acquis, de tout mérite illusoire


Frère Bertrand

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

(Is 55, 6-9;  Ph 1, 20c-24.27a ; Mt 20, 1-16)

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

20 septembre 2020

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