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                Et voici comment l’amour ne meurt pas, mais vit de se donner sans limite : dans un jardin, à la pointe de l’aurore, au premier chant d’oiseau, en ce jour un de la semaine, jour de nouveauté absolue, de recréation, voici que trois femmes trouvent la pierre roulée sur le côté de la tombe, laissant apparaitre le vide du sépulcre du Saint, les linges mortuaires repliés, l’inanité de la mort : elle a cru un instant, la mort, détenir une nouvelle victime – et quelle victime, le Fils bien-aimé ! – et s’est retrouvée défaite, transfigurée, transformée en son contraire par le Vivant, Celui qui a la vie en lui-même, car il la reçoit sans relâche du Père qui l’engendre. « Ô mort, où est ta victoire, enfer, où est ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55). Et vous femmes, et nous frères et sœurs, pourquoi chercher le Vivant parmi les morts, dans les décombres fumants d’une civilisation que nous avions crue naturellement chrétienne et qui ne l’est plus ? Il n’est pas d’abord dans nos églises de pierres, si magnifiques soient-elles – et cette cathédrale qui nous tient tant à l’âme de notre histoire, certes nous la rebâtirons, car elle est « vaisseau d’une Présence » (Mgr Michel Aupetit, La Croix 19/4/19) – mais il est présent, Ressuscité, dans le cœur vivant, vibrant des croyants, dans notre foi à nous. Car nous savons bien que les propos de Marie de Magdala et de ses compagnes ne sont pas du délire, malgré les apparences, mais le témoignage le plus pertinent, le plus crédible de toute l’histoire humaine, l’affirmation la plus sage, la plus raisonnable de toutes les quêtes d’intelligence et de sagesse. Credo quia absurdum disait saint Augustin, avec lui nous y croyons car cela dépasse notre sens commun, borné.


Surtout, nous le savons parce que nous le vivons, en cet instant tout neuf, en cette aurore du monde nouveau. Nous savons avec Marie, Jeanne et l’autre Marie, que la pierre la plus lourde, celle qui barre et mure nos propres cœurs dans leur enfermement, a bougé, a roulé, a laissé sourdre la vie. Car il s’est levé le descendant de Jacob, le vrai berger, et, devant Rachel ébahie, a déplacé la pierre pour abreuver le troupeau (Gn 29), pour nous abreuver de la source qui jaillit du Rocher, qui sourd du Côté ouvert à jamais : « de son sein, couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 39). Il s’est levé le bélier du sacrifice, pris par les cornes dans un buisson d’épines et offert sur l’autel en lieu et place d’Isaac (Gn 22), à notre place ; il s’était endormi sur l’autel de la croix, mais l’autel est devenu échelle dressée entre terre et ciel ouvert (Gn 28), joignant le Très-Haut et le Très-Bas en la personne du Christ médiateur, pleinement homme et totalement Dieu. En ce lieu mystérieux, en cette tombe inversée, tout est accompli, le pécheur est pardonné, les noces célébrées, le vin de l’alliance nouvelle et éternelle répandu à flots, oui, le vin le meilleur à la fin : car le Fils de l’homme a épousé jusqu’au bout notre humanité mortelle et lui a donné son immortelle vie, sa vie de Fils éternel ; telle est l’adoption de notre baptême, en lui nous sommes divinisés, filialisés, accomplis dans l’amour.


Qu’est-ce qui nous donne d’en être aussi assurés ? Le témoignage des femmes et des apôtres, des martyrs et des saints, sans doute, mais tout cela ne serait rien sans le témoignage du suprême Témoin, Celui qui confère l’onction, l’Esprit, le Défenseur, qui glorifie le Fils, qui rappelle à notre esprit tout ce que Jésus a dit et ce qu’il nous murmure maintenant à l’intime. L’Esprit est l’auteur de notre foi en la résurrection, car il est l’Esprit Divin du Père engendrant et du Fils engendré, c’est lui qui a suscité, réveillé Jésus de la tombe. Allez voir l’autre face de notre autel. Le sculpteur, Henri Charlier, y a mis un ange se recueillant devant Jésus allongé dans la mort. Comme me l’a dit récemment une petite fille : « il reste avec Jésus ». Cet ange, c’est la figure, si j’ose dire, de l’Esprit qui reste toujours avec Jésus, qui lui redonne le souffle remis au Père sur la croix. Et les bras du Père qui, d’en haut, accourt à la rencontre de son Fils parti au loin, au pays de la mort, s’ouvrent dans l’étreinte et le baiser de leur joie éternelle : « Réjouissez-vous avec moi car mon Fils était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15). Laissons-nous saisir dans ce baiser du Père et du Fils – Jésus, notre frère aîné –, laissons-nous enfanter dans l’Esprit qui verse en nos cœurs la joie, l’amour, la Vie. À partager de toute urgence. Amen.                


      

Frère Bernard

Vigile pascale

(..., Lc 24, 1-12)

Vigile pascale

21 avril 2019

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