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             Que peut bien signifier ce renoncement surprenant que Jésus nous invite à faire : perdre sa vie ? Quel intérêt avons-nous à ne pas profiter de cette existence, de nos biens matériels ? Quel chemin Jésus nous invite-t-il donc à prendre ?


  Ce ne peut être un chemin en contradiction avec les béatitudes que Jésus vient de prononcer et qui suscite la confession émerveillée et confiante de Pierre, de tous les apôtres et, à leur suite, de tous les disciples : Tu es le Christ, le Fils de Dieu.


  Mais cette confession de foi en la divinité de Jésus va de pair avec l'annonce surprenante de la Passion et de la mort de notre Messie.  Les souffrances du Christ confessé comme Seigneur peuvent bien susciter chez nous la même indignation qui naît dans le cœur de Pierre qui fait de vifs reproches à Jésus, elles n'en demeurent pas moins un élément incontournable du message évangélique. C'est vrai que nous  déchiffrons difficilement le visage de Dieu sur les traits défigurés du serviteur souffrant décrit par le prophète Isaïe, et pourtant, nous sommes appelés à confesser dans cet homme outragé et persécuté, la figure de l'Envoyé de Dieu souffrant sa passion, crucifié, abandonné de tous. N'oublions pas cependant la conclusion d'Isaïe au terme de sa description du serviteur souffrant : Le Seigneur Dieu vient à mon secours, et voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense, qui me condamnera ? Cette mystérieuse habitation de Dieu au plus profond de la souffrance humaine s'exprime clairement au terme de l'annonce de la passion : trois jours après le Fils de l'homme ressuscitera. Mort et résurrection sont les deux faces inséparables du mystère pascal. Cependant la tentation est grande de refuser le combat spirituel, la lutte sanglante contre la Puissance des ténèbres pour reconnaître simplement en Jésus un maître de sagesse, un puissant thaumaturge. Mais la réponse de Jésus à Pierre est claire : Passe derrière moi, Satan. Qui veut sauver sa vie la perdra. Nous entrons là dans ce que nos pauvres intelligences ne peuvent percevoir quand elles sont laissées à elles-mêmes : Force est de reconnaître un mystère d'amour qui nous dépasse complètement : Jésus consent à cet abaissement jusqu'à la mort pour manifester l'excès de l'amour divin nous rejoignant au delà de tout ce qui est possible. Pour suivre le Christ, nous sommes appelés à emrpunter ce même chemin, et c'est en y marchant que nous découvrons ce qu'est l'amour : un don total pour l'être aimé. Se renoncer c'est accepter de rentrer dans la logique de l'amour. Cette logique ne supprime pas la souffrance, les pleurs, la tristesse, mais elle est chemin vers le bonheur véritable, car elle sortie de soi et accueil inconditionnel de l'autre. Encore une fois, cette logique dépasse l'intelligence humaine, mais consonne avec le message des béatitudes. Il n'a pas à être expliqué selon les critères de la raison humaine ; tout au fond de nous, nous savons qu'il est vrai, qu'il est juste, qu'il est bon. Les saints l'ont emprunté et l'emprunteront toujours ; nous le savons intuitivement, et nous demandons au Seigneur de nous en donner une intelligence toujours plus vive.

 

  L'apôtre Jacques nous indique comment en avoir cette intelligence plus vive lorsqu'il déclare : Moi c'est par mes œuvres que je te montrerai ma foi. Ecoutons-le avec confiance et voyons ce que nous avons à faire pour nous mettre à l'école de Jésus en empruntant ce chemin mystérieux et resserré qui conduit au Royaume.



Frère Étienne 

Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

(Is 50, 5-9a ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35)

Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Homélie du 16 septembre 2018

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