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            Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? Telle est la question adressée au Christ aujourd'hui, mais quelle étrange question ! Jésus vient prêcher l'infinie miséricorde de Dieu, il vient dire l'amour que le Père porte à tout homme, et voilà qu'on lui pose une question qui contraste avec le visage de Dieu qu'il vient nous révéler : cette question laisse pressentir un juge sévère, opérant une sélection entre les êtres et refusant d'admettre la plupart d'entre eux au banquet du royaume céleste. Mais Jésus ne dit-il pas, dans l'évangile, qu'il est venu pour inviter les pauvres, les estropiés, les aveugles ?


          Cette question me semble donc résumer tout le poids de l'incompréhension humaine, toute la pesanteur de notre péché face au message évangélique. Comme Jésus a dû être peiné face à de telles questions ; découragé peut-être aussi. Il vient parler d'accueil, de pardon, de retournement du cœur et il rencontre l'opposition des hommes. Peu auparavant, il vient de se heurter violemment aux pharisiens - l'élite religieuse d'Israël - qui lui reprochent d'enfreindre les lois divines en opérant des guérisons le jour du sabbat, en prêchant la patience face au figuier stérile, en appelant à la miséricorde : pour eux, le salut s'obtient par une observance scrupuleuse des rites religieux, par une vie irréprochable, mais dont la liberté de l'amour s'est retirée. Et Jésus, consterné, les condamne : vous avez placé l'accessoire avant l'essentiel. Vous êtes pieux, vous êtes les plus religieux des hommes ; il n'y a rien à vous reprocher, mais vous n'aimez pas vraiment. Pire, vous jugez, vous excluez, vous vous mettez à la place de Dieu.


          Et tous les contemporains de Jésus sont surpris : si les pharisiens, ces hommes exemplaires, sont condamnés, alors qui peut être sauvé ? N'y aura-t-il que peu de monde à être sauvé ? C'est alors que Jésus parle de la porte étroite pour entrer dans le royaume. Et cette porte, c'est lui. C'est comme s'il nous disait : « Retrouvez votre cœur profond, laissez-vous toucher par moi. Abandonnez vos idées, vos jugements, vos sécurités ; une seule chose est nécessaire : passez par moi. Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau des observances ; vous tous qui avez fait de la rencontre avec Dieu une histoire de normes et de préceptes. Acceptez de vous laisser visiter par l'amour ; passez par la porte étroite en vous mettant à mon école : une école où chaque jour vous commencez, où une seule chose compte : la confiance en moi, la certitude que tout être a du prix à mes yeux et que le Ciel est ouvert à tous les cœurs pauvres. » En fait, la porte est étroite parce qu'elle est miséricorde, bonté, gratuité, absence de jugement, retournement du cœur. La porte est étroite parce qu'elle exige que nous soyons des pécheurs pardonnés qui, à leur tour pardonnent et se désarment.


          Nos titres importent peu : nous avons mangé et bu avec toi… Mais sommes-nous devenus comme toi, des êtres de pardon ? Comment faire entrer dans le Royaume autre chose que la miséricorde et l'amour gratuit ? Comment passer cette porte si nous nous jugeons et si nous jugeons autrui ? Oui, Dieu vient rassembler les hommes de toutes nations, et le drame de l'homme est de refuser cette bonté incompréhensible de Dieu, car elle remet en cause notre échelle des valeurs.



Frère Bertrand

Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

(Is 66, 18-21 ; Ps 116 ; He 12, 5-7.11-13 ; 13, 22-30)

Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

25 août 2019

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