Accueil
Genèse du monastère
P. Emmanuel
Saint Benoît
N-D de la Sainte-Espérance
Dom Paul Grammont
La famille olivétaine
N-D des Prés
La journée
vocation monastique
Amitiés
Oblats frères
Artisanat Présentation
Horaires du magasin
Hôtes
Moines, moniales, un chemin
Bibliothèque du monastère

Videos
Contacts
Horaires liturgiques
Accès
Le 150e anniversaire
Au fil du mois
Homélie 2
Horaires liturgiques
Accès
Contacts
Horaires Semaine Sainte
Horaires Semaine Sainte
Accueil

  

Pour mieux comprendre l'épisode de la guérison des 10 lépreux que nous venons d'accueillir dans la foi, reprenons le premier verset de ce texte, car il lui donne tout son sens : Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Oui, Jésus monte à Jérusalem où il va souffrir sa passion et sa mort, donner sa vie pour sauver tout homme pécheur. La région qu'il traverse, nous est-il dit, est située entre la Galilée, pays des païens dans l'univers évangélique, et la Samarie, pays où les habitants ne montent pas à Jérusalem pour adorer Dieu, pays, donc, de l'hérésie et de la dissidence religieuse aux yeux de l'orthodoxie juive. Jésus, en traversant ces régions, accueille donc aussi ceux qu'il appelle « les brebis égarées de la maison d'Israël ». Il ne fait pas de distinction entre les personnes, il est venu sauver tous les hommes sans aucune exception. Saint Luc insiste sur cet amour privilégié de Jésus pour les petits, les rejetés et les pécheurs. En effet, Jésus n'exige rien de ces dix lépreux, qu'ils soient Juifs, païens, Samaritains. Nous ne connaissons d'ailleurs pas leur identité exacte, sauf pour un seul d'entre eux, un Samaritain. Quoi qu'il en soit, tous sont purifiés.


  C'est un premier enseignement pour chacun de nous : nous sommes appelés à nous mettre au diapason de cet accueil universel de Jésus. Saint Luc nous le rappelle, en soulignant la gratitude du Samaritain, hérétique aux yeux des Juifs. Il ne suffit pas de proclamer la Loi, il faut la vivre en esprit et en vérité.


  Soulignons aussi la signification profonde de la lèpre, au temps du Christ, dans la tradition juive : c'est une maladie terrible, car elle sépare le malade de la communauté, non seulement en raison du risque de contagion qu'elle comporte, mais encore à cause de son poids théologique : elle est le signe du péché et de la réprobation divine. Il revient donc au prêtre de constater la guérison pour que le lépreux guéri puisse réintégrer la communauté et offrir au Seigneur des sacrifices en réparation de ses péchés. Il existe donc un lien très fort entre lèpre et péché, à cause de l'impureté qui en découle. La lèpre est une expression vivante des conséquences invisibles de tout péché :  Ils séparent l'homme de la sainteté divine ; ils le replient sur lui-même et le coupe d'autrui et de Dieu. Toute la mission de Jésus consiste, à l'inverse, à nous rétablir dans l'univers de la communion avec son Père et avec nos frères, par-delà toute dissidence, tout enfermement, d'où qu'il vienne.


  On le voit bien dans l'évangile : les dix lépreux se tiennent à distance ; il ont conscience, et de leur péché, et de la sainteté de Jésus en qui ils voient un grand thaumaturge. Ne l'appellent-ils pas maître ? Pourtant Jésus ne s'approche pas d'eux, il ne prononce aucune prière, il ne leur impose pas les mains, il dit simplement cette parole tirée de la loi d'Israël et destinée à ceux qui sont guéris de la lèpre : allez vous montrer aux prêtres.


  Seul le Samaritain, seul l'hérétique guéri par Jésus, vient Lui rendre gloire, autrement dit proclamer sa foi en Celui qu'il reconnaît  venir de Dieu. Sa démarche devient religieuse et Jésus ne s'y trompe pas lorsqu'il lui déclare : relève-toi, ta foi t'a sauvé. Ce Samaritain, dans la manière dont il accueille le miracle de sa guérison, s'est laissé convertir transformer en profondeur ; non seulement il a réintégré la société des hommes, mais, mieux encore, il est entré dans la communauté des disciples de Jésus ; c'est bien le sens des paroles que lui adresse le Christ : ta foi t'a sauvé.


  À nous aujourd'hui de ne pas passer à côté des signes si nombreux de l'amour de Dieu dans nos vies ; ils peuvent nous convertir  ou nous laisser indifférents. La confession émerveillée et reconnaissante de Jésus Sauveur, la gratitude pour l'action de Dieu en nous, sont contagieuses : elles nous font entrer, avec tous ceux que nous aimons, dans cet univers de communion que Jésus proclamait et proclame encore aujourd'hui. Ne soyons pas ingrats et indifférents.


       Frère Etienne

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

(2 R 5, 14-17 ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19)

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

13 octobre 2019

ACCUEIL