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            Arrêtons-nous à ces simples mots si beaux de l’évangile d’aujourd’hui : Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il me semble que tout est dit de la mission du Seigneur en ce monde : le Fils s’incarne pour nous rejoindre sur nos chemins, pour nous manifester très personnellement l’amour singulier, l’amour inouï et gratuit que Dieu nous porte.  Ce regard très aiment, le Christ le pose sur chacun d’entre nous. Les convertis en témoignent : ils font tous l’expérience d’une présence divine infiniment aimante et personnelle à leur égard qui les invite à une réponse totalement libre. Oui, Dieu est amour et, parce qu’il est amour infini, il est infiniment pauvre, pourrait-on dire, en ce sens que l’amour ne force jamais l’être aimé dans sa réponse, ne contraint jamais, ne saurait user de violence.


          On le voit bien dans l’évangile d’aujourd’hui : Jésus rencontre un être magnifique, un homme désireux depuis toujours d’accomplir tous les préceptes de la Loi et qui mène une vie en cohérence avec ce désir le plus profond : « Maître, j’ai observé tous les commandements depuis ma jeunesse. » Mais il ne parvient pas à entrer dans la proposition de Jésus : tout quitter. L’évangile nous dit simplement qu’il est certainement entravé par sa richesse et ne se résout donc pas à entrer dans la pauvreté de Jésus qui n’a rien d’autre à lui proposer qu’un amour dépouillé, pur, tout transparent.


          Mais pourquoi Jésus n’ a-t-il pas retenu et homme ? Lui, la Sagesse de Dieu, lui le Verbe fait chair, devait bien avoir les mots pour vaincre ses résistances, pour conquérir son cœur. C’est que l’amour de Dieu est infiniment respectueux de notre liberté. Un « oui » qui se conquiert n’est pas un vrai « oui » ; Dieu ne séduit pas, il ne force pas, il n’asservit pas ; répétons-le, il est amour. Il laisse donc partir l’homme riche. Peut-être l’a t’il retrouvé plus tard ; la charité de Dieu croit tout, espère tout, attend toujours celui qui n’est pas encore prêt.


          Le Seigneur rappelle alors à ses disciples que marcher à sa suite ne peut se faire que dans la plus grande gratuité : de même que Dieu ne cherche pas à nous séduire au mauvais sens du mot, de même nous n’avons pas à attendre de lui des avantages et des richesses, parce que nous nous sommes mis à sa suite. Plus nous aimons un être, plus nous lui ressemblons : suivre le Christ humble et doux fait de nous des hommes et des femmes de plus en plus désarmés, de plus en plus dépouillés. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus l’avait bien compris quand elle écrivait : « Au soir de cette vie, mon Dieu, je paraîtrai devant vous les mains vides. » Et cette perspective ne l’effrayait pas, elle la réjouissait au contraire, puisqu’elle savait que cette pauvreté était le dépouillement nécessaire de son cœur, l’évidement nécessaire de tout son être pour qu’elle puisse enfin accueillir l’immensité de l’amour de Dieu, non seulement pour elle-même, mais pour tous les hommes dont elle se sentait solidaire. Elle pouvait ajouter : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre. » En effet, n’ayant plus rien à elle, elle pouvait disposer totalement des richesses de Dieu sans que rien en elle ne puisse faire obstacle et empêcher la grâce de Dieu de rayonner à travers elle et d’agir librement. Oui, il est difficile à un riche d’entrer dans cette logique car il est trop encombré de lui-même. Mais qui suit Jésus humble et pauvre sait, dès maintenant, de quelle joie s’accompagne le véritable dépouillement que le Seigneur nous offre en partage. Demandons à Jésus de comprendre aujourd’hui très personnellement cette si belle phrase de saint Paul adressée aux Corinthiens : « Jésus-Christ, de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté. » (2 Co 8, 9)



Frère Bertrand 

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

(Sg 7, 7-11 ; He 4 12-13 ; Mc 10, 17-30)

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

Homélie du 14 octobre 2018

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