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                Il y a bien des contrastes dans ce récit de l’évangile de Matthieu : Jésus désire profondément se retrouver seul dans un endroit désert et les foules l’assaillent.

Les disciples raisonnables sont effrayés par l’injonction irréaliste de Jésus : « Donnez à manger à cette foule ». Il y a là plus de 5000 hommes et on ne dispose que de 5 pains et de 2 poissons.


          Oui, contraste entre les attentes de la foule et la pauvreté des moyens pour la satisfaire ; pauvreté bien actuelle de notre Église dont la mission est toujours la même, mais qui ne dispose pas, à vue humaine, des moyens de nourrir une foule en attente. Contraste entre nos églises, ces lieux déserts où Jésus est présent, mais dans un monde où l’efficience de l’invisible n’est pas perçue.


Ce qui peut nous sembler si difficile à vivre, cet écartèlement entre la pauvreté de nos moyens et l’immensité de la tâche à accomplir est en fait d’une extraordinaire fécondité si nous nous laissons convertir et adoptons le regard de Jésus sur le monde. Le Seigneur n’entre pas dans nos prévisions, nos graphiques, nos études logistiques, le compte de nos richesses ou plutôt de nos manques ; il agit dans et par notre pauvreté. Saint Paul ne l’affirme-t-il pas ? : « Jésus de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. » En son Fils, Dieu s’est fait de plus en plus pauvre, de la nudité de la crèche à celle de la croix. Et nous voudrions emprunter un autre chemin que lui pour l’annoncer ? Et nous voudrions le chercher là où il ne saurait être ?


          Osons plutôt lui faire confiance, osons plutôt obéir avec foi à son invitation : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Nos limites, confiées à Jésus, remises entre ses mains, sont chemin de grâce si nous le croyons, si nous y consentons. Dieu ne fait pas de miracles malgré notre pauvreté, mais dans notre pauvreté.  Le Seigneur est le maître de l’impossible. Il a besoin de nos vases d’argile pour que nous puissions offrir ses richesses. Il a besoin de notre faiblesse pour qu’éclate sa force, et qu’il soit bien clair que ce que nous donnons ne vient pas de nous, mais d’un Autre, du Tout-Autre, de l’Amour tout-puissant.


          Nous sommes déroutés par la logique divine qui va à l’encontre de celle d’un monde qui, sans cesse, cherche à accroître son efficacité pour augmenter sa richesse. Restons déroutés, mais surtout ne nous lassons pas de contempler la façon dont Dieu se dit et se donne au monde. La multiplication des pains à partir de 5 pains et de 2 poissons n’est pas miracle d’hier, elle est réalité d’aujourd’hui : un pauvre morceau de pain ne va-t-il pas devenir au cours de cette liturgie Corps du Christ donné à chacun, pour nous emplir de la vie divine ? Notre prière cachée ne se nourrit-elle pas du dynamisme de la résurrection du Seigneur et n’en a-t-elle pas la puissance rayonnante ? Rien n’est visible et pourtant le Royaume est présent. Et pour que cela soit bien manifeste, saint Matthieu nous rapporte un détail d’une extrême importance : après la multiplication des pains, alors que la foule a été rassasiée, il est resté 12 paniers pleins. 12, signe de perfection, de totalité. 12, signe que le pain rompu par Jésus est destiné à assouvir la faim du monde entier jusqu’à la consommation des siècles. Alors, réjouissons-nous ; nous ne manquons de rien pour poursuivre l’œuvre du Christ. Qu’il veuille bien simplement augmenter en chacun de nous la foi et nous permette de dire oui à la mission qu’il a confiée à chacun de nous très personnellement.



Frère Bertrand

Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

(Is 55, 1-3 ;  Rm 8, 35.37-39 ; Mt 14, 13-21)

Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

2 août 2020

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