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            Souvenons-nous des derniers mots de l’évangile de Matthieu : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. » Dès le début de son récit, l’évangéliste semble passer par-dessus les destinataires immédiats de cette naissance de Jésus, pour annoncer, dans la visite de ces mages venus d’Orient, sages astrologues, peut-être prêtres de leur religion, le salut des nations païennes. Comme un premier baptême, plongée dans le mystère trinitaire présent en cet Enfant. Pourtant le salut des païens ne peut se déployer que comme une entrée dans l’héritage d’Israël, une greffe sur la souche sainte du peuple de l’alliance, une sainteté partagée. Dieu, en effet, accomplit sa promesse en sa logique : il tient parole. Et la parole proclamée par Isaïe, annonçant le rassemblement des nations à Jérusalem, au milieu des dromadaires de Madiane et d’Epha, concerne déjà la venue de son Fils : c’est lui l’Astre issu de Jacob, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à son peuple Israël. Tel est bien le mystère décrypté par saint Paul : « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile ». Comme les mages et à leur suite, il nous faut entrer dans la filiation spirituelle du peuple de l’alliance, passer par la médiation de ses Écritures prophétiques, les nôtres, pour découvrir le Messie né à Bethléem.


          Suivons les mages : ils se sont mis en route depuis leur lointain Orient parce qu’ils y ont été guidés par cette étoile qu’ils ont vue se lever. Sans cesse, Dieu nous précède dans notre pèlerinage, il s’est mis en route vers nous bien avant nous : dès le matin du monde, il a fait briller sa lumière sur la création ; dès le matin de notre vie, il nous a portés dans la lumière de son amour fécond. L’Épiphanie, la Manifestation du Seigneur, est don, grâce, révélation : « nous avons vu son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » Il a plu au Seigneur de l’univers et de nos vies, au Roi d’Israël, de venir à nous en cet enfant inconnu, né de Marie. Quand nous percevons la lumière de cet amour infini qui se penche vers nous, qui brille dans notre nuit la plus profonde, dans nos tâtonnements, nos incertitudes, notre péché, nous ne pouvons que nous réjouir d’une très grande joie.


          Suivons les mages, ouvrons les yeux, cherchons, questionnons, écoutons les témoins, mettons-nous surtout à l’écoute de la parole de Dieu. C’est ce que l’on fait à Jérusalem. Deux types de réactions s’offrent à nous : scribes et grands prêtres savent, connaissent par cœur la prophétie de Michée sur Bethléem, mais ils ne bougent pas ; l’Écrit n’atteint pas vraiment leur cœur. Quant à Hérode, peu légitime, à demi-juif, il prend peur pour son pouvoir et tente d’étouffer le message en tuant le messie : il n’a de cesse de faire disparaître ce roi des Juifs et ne souhaite se prosterner que devant sa dépouille. Déjà se profile à l’horizon, à travers le massacre des enfants de Bethléem, le mystère de la croix, la lumière rejetée par les ténèbres du péché. Les mages, eux, entendent la parole pour la mettre en pratique, se mettant en route vers Bethléem, se laissant guider par l’étoile jusqu’à l’Enfant et sa mère. Comment écoutons-nous la parole de Dieu : nous met-elle en route, nous transforme-t-elle ? La laissons-nous nous atteindre dans sa force de vérité, sa capacité de discernement, son pouvoir de renouvellement ?


          Suivons les mages. Allons jusqu’à Bethléem, jusqu’à l’autel de Dieu, et devant l’Enfant sans défense que nous offre Marie, prosternons-nous, adorons le Fils de Dieu venu nous ouvrir le chemin du ciel, venu vivre pour nous son pèlerinage pascal et nous ouvrir le chemin vers la maison de son Père. Prosternons-nous en recevant son trésor, son eucharistie : offrons-lui l’or de notre foi, à lui notre roi ; offrons-lui l’encens de notre prière, à lui notre grand Dieu et sauveur, qui nous fait fils et filles de Dieu ; offrons-lui la myrrhe de notre amour qui soit aussi, véritablement, amour pour nos frères et sœurs. Amen.


       Frère Bernard

Epiphanie

(Is 60, 1-6 ; Ps. 71 ; Ep 3, 2-6 ; Mt 2, 1-12 )

Solennité de l'Epiphanie

5 janvier 2020

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