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          « Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Voilà un ‘et’ peu grammatical mais qui marque la parfaite égalité des Trois. Tous, nous avons été baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Bienheureuse Trinité, source de notre bonheur, de notre joie, de notre Vie éternelle. Aimons-la, adorons-la !


          La Trinité n’est pas problème à résoudre, mais la solution de tous nos problèmes, vrais ou faux. La Trinité n’est pas irritante énigme, mais ce qu’il y a de plus intelligent au monde, divinement intelligent. La Trinité n’est pas dogme abscons et abstrait, étranger à notre vie ; elle est ce qu’il y a de plus concret parce que plus vrai, de plus proche de nous aussi : elle est le milieu divin dans lequel nous baignons, matrice où nous nous mouvons, sans le savoir, jusqu’à notre pleine naissance divine, quand nous la contemplerons face à face, avec la Vierge très pure, les chérubins, les séraphins et tous les saints.


          Moïse, dans le Deutéronome, le suggérait à Israël : le Dieu unique qui a tout créé par amour est relation. Relation de prédilection avec son peuple à qui il donne ses commandements, qui ne sont ni carcan ni fardeau mais porte d’entrée dans l’alliance, clé de la relation avec lui et entre frères au sein du peuple. Si Dieu est relation envers et avec son peuple, cela infère qu’il est relation en lui-même, essentiellement relation. Le grand commandement – « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… » – découle de l’amour que Dieu se porte à lui-même, qu’il est en lui-même, non pas narcissisme égoïste, mais très chaste relation, parfaite et éternelle donation de soi : le Père au Fils, le Fils au Père, dans l’Esprit, leur échange subsistant. Relation chaste et totalement féconde puisque d’elle surgissent tout l’univers, notre vie personnelle et collective, notre avenir : « pour que tu aies longue vie et bonheur sur la terre qu’il te donne ». La terre ainsi promise, c’est lui, Trinité sainte. Ne la bafouons pas de nos égoïsmes, fussent-ils prétendument religieux.


          Comment entrer dans cette terre ? Paul nous souffle la réponse : laissez-vous conduire par l’Esprit. Cet Esprit reçu à la Pentecôte, que Jésus nous a livré dans sa pâque. L’Esprit est en nous le murmure intime qui, dans le souffle de Jésus, appelle Dieu « Papa », Abba, mon Père, notre Père. Seul, l’Esprit nous donne de croire en Jésus ressuscité, notre vie, de le confesser Seigneur. Seul l’Esprit Saint suscite notre foi en cet amour infini, tout-puissant du Père pour le Fils, et pour nous tous en lui. L’Esprit seul peut nous greffer sur cette vie divine, trinitaire, dont il est la sève.


          Où jaillit cette vie abondante, ce torrent qui purifie tout ce qu’il pénètre et féconde tout ce qu’il touche ? Jésus ressuscité l’enseigne aux apôtres, il les y amène, les y convoque, dépassant leurs doutes, toujours tangents à l’acte de foi. Il suffit de le laisser graver en nous, en nos âmes et nos esprits, sur nos corps fragiles, le signe vivifiant de sa croix glorieuse. Plonger avec lui dans cet amour abyssal qui se révèle , au cœur de l’apparemment absurde, de la folie d’amour d’un Dieu qui aime jusqu’à ce point ultime. La croix du Christ est la révélation trinitaire, quand le Fils s’abandonne complètement au Père, lui remettant son souffle d’amour, lui ouvrant tout grand son cœur d’homme qui n’a battu que pour lui. Et pour nous, vers lui. Ce faisant, Jésus offre à son Père d’être pleinement, divinement Père. Père qui glorifie son Fils, faisant éclater en lui sa vie, sa gloire, sa sainteté, son Esprit vivifiant, baiser d’éternel amour qui l’engendre en le ressuscitant.


          Plongeons dans cet amour : nous y avons été baptisés pour vivre de lui et y plonger toutes les nations. Telle est la mission, le pouvoir que Jésus donne à ses apôtres, colonnes de l’Église. Pouvoir de disciples, non de maîtres, pouvoir de service et d’amour à son image. Ce n’est qu’en vivant en disciples de la divine et humble relation d’amour des Trois que nous évangéliserons trinitairement, chrétiennement.

      

 Frère Bernard 

Solennité de la sainte Trinité

(Dt 4, 32-39 ; Ps 32 ; Rm 8, 14-17 ; Mt 28, 16-20)

  

Homélie du 27 mai 2018

Solennité de la sainte Trinité

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