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   Nous ne sommes pas toujours très à l’aise, reconnaissons-le, avec ces textes évangéliques. Une bonne partie de la fin de l’évangile, chez Matthieu en particulier, dans les chapitres qui précèdent le récit de la passion, est marquée par une intention sensiblement polémique, reflet d’une situation qui se tend entre Jésus et ses contradicteurs, d’une hostilité qui va croissant contre lui. Notons que cette polémique, de la part de Jésus, vise toujours les chefs du peuple, diversement nommés, ici les grands prêtres et les pharisiens, avec probablement une part de généralisation concernant ces derniers. D’autre part, elle prend souvent, comme dans ce passage, la forme de la parabole, genre littéraire qu’affectionne Jésus, discours en images, en allégorie, qui parle donc d’une réalité au travers d’une autre, les deux niveaux de narration et de compréhension n’étant pas entièrement superposables ; discours aussi qui simplifie, accentue les contrastes, fige les positions.


  Discours d’avertissement, de mise en garde, non description d’une réalité théologale comme le royaume des Cieux : la réaction brutale, vengeresse, du roi dont les envoyés ont été bafoués, tués, n’a évidemment rien à voir avec les mœurs divines. Que ces versets soient l’écho de la manière dont certains, dans la première génération chrétienne, ont pu interpréter la prise sanglante de Jérusalem par les armées romaines de Titus et Vespasien en l’an 70, l’incendie et la destruction du Temple qui se sont ensuivis, comme un châtiment de l’indifférence juive à la prédication pascale, c’est à la fois probable et malheureux, non imputable en tout cas à Jésus comme une prédiction menaçante. Jésus, le Christ, n’est pas venu pour menacer les hommes, il est venu pour les chrismer, les sauver, tous sans exception, car telle est l’intention de son Père : rassembler dans l’unité ses enfants dispersés (cf. Jn 11, 52), sous les bras de la croix de son Fils unique, afin « que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4), la vérité de son amour sans bornes qui ne sait qu’aimer, donc pardonner. Dire cela, est-ce fausser le sens de la parole de Jésus, en affaiblir le tranchant, la muer en discours lénifiant ? Non, c’est au contraire interpréter toute l’Écriture, tout l’Évangile, à la lumière du seul principe herméneutique correct : la croix de Jésus, la clé de compréhension qui ouvre le sens des Écritures. Cette croix est trône de grâce et de miséricorde (He 4, 16). Le sang versé qui s’écoule des plaies de Jésus peut retomber sur les enfants de tous ceux qui assistent à sa mort et sur nous tous avec eux : il est sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, sang purificateur qui parle plus fort que celui d’Abel, sang versé par l’Agneau de Dieu pour sceller ses noces avec l’humanité. Oui, heureux tous les invités à ces noces de sang et de paix. Car tous sont ou seront appelés, un jour ou l’autre.


  « Tous ceux que vous trouverez. » Il s’agit de remplir la salle des noces, non de compter sur les doigts d’une seule main les élus qui seront dignes de participer au festin préparé pour tous les peuples sur la montagne sainte. Pourquoi alors peu d’élus ? Intériorisons l’interpellation comme un appel adressé à chacun. Qu’est-ce qui dans ma vie actuelle est éligible au royaume ? Ne nous livrons pas à une arithmétique mesquine sur le nombre des élus, comme on l’a si longtemps fait sous l’influence d’une mécompréhension de la prédestination – la vraie prédestination est celle qu’enseigne Paul dans l’épître aux Éphésiens : Dieu le Père « nous a élus dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence dans l’amour » (Ép, 1, 4), il veut « ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ ». Comprenons plutôt le prix, pour chacun de nous, de cette grâce incroyable qui nous est faite d’avoir part à son amour, de devenir pour lui des fils adoptifs. La grâce appelle l’action de grâce, la grâce requiert d’être accueillie librement, mise en œuvre dans une charité active. Ne nous contentons pas d’être de bons croyants. Soyons des croyants en actes et en vérité par l’amour, dans l’Esprit Saint. Tel est le vêtement des noces qu’il nous faut endosser.                


      

                  Frère Bernard 

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

 (Is 25, 6-10a ; Ph 4, 12-14.19-20 ; Mt 22, 1-10)

  

Homélie du 15 octobre 2017

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

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