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       Ne pensons pas que croire à la résurrection mène à une expérience immédiate de la présence continuelle de Jésus. Si nous le croyons, l’évangile de cette fête de la Pentecôte est là pour nous détromper. Bien sûr, les apôtres ont été de nouveau réunis après la Passion de Jésus ; ils se sont retrouvés tous ensemble dans la chambre haute. Ils ont eu la joie de pouvoir accueillir pleinement la Parole de Dieu, de communier ensemble au Pain rompu par le Christ ressuscité. Cependant, le doute les a taraudés, les a envahis jusque dans les moments privilégiés où Jésus leur apparaissait. Et puis lors de l’Ascension, ils ont ressenti non pas la plénitude, mais le manque, l’absence. Au fond, les apôtres n’ont pas cessé d’être habités par un manque : manque de foi en la présence de Celui qui revient les visiter de façon tout autre que lorsqu’il était avec eux durant sa vie publique, manque d’assurance pour accueillir pleinement la grâce de Dieu, manque de liberté pour sortir sans peur à la rencontre du monde et annoncer le message dont ils sont maintenant investis, manque de confiance pour faire sauter tous les verrous du doute qui les retient encore prisonniers.


          Et pourtant, ils ont bien vu Jésus ressuscité, ils ont bien touché ses plaies, ils sont entrés dans la pleine intelligence des Écritures, ils se sont laissés nourrir par le Pain de la vie éternelle. Ils ont aussi accueilli une certaine paix et une certaine joie que Pierre a si bien exprimées quand il a pu dire à Jésus : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. » Mais ils ignorent ce qui doit suivre, ils sont saisis de vertige devant l’avenir. Ils savent simplement qu’ils sont très pauvres et que sans le Ressuscité, ils ne peuvent rien faire. C’est justement parce qu’ils éprouvent leur faiblesse, parce qu’ils n’ont plus d’assurance au mauvais sens du mot et que les chemins de leur vie sont désormais totalement inconnus qu’ils sont enfin prêts à recevoir le Saint-Esprit. Car l’Esprit qui n’a pas cessé d’animer leur Maître et qui habite en plénitude le Seigneur ressuscité ne peut survenir en plénitude que dans la pauvreté de ceux qui n’ont plus rien à offrir à Dieu que leur silence, leurs mains vides, leurs cœurs enfin évidés et dépouillés du trop-plein d’eux-mêmes.


          Même s’ils sont heureux au soir de l’Ascension, les apôtres ont tout perdu. Celui qui était au centre de leur existence n’est plus là. Quand tout nous manque, quand tout est perdu, l’Esprit de Dieu peut advenir. Dieu ne construit pas sur nos certitudes, sur nos forces personnelles et communautaires ; il ne construit pas sur nos assurances. Il peut commencer à faire son œuvre quand nous lâchons prise, quand nous sommes réellement convaincus que notre seule assurance est de nous en remettre à lui totalement et librement, comme il le voudra et quand il le voudra.  Dieu vient habiter, non pas nos certitudes trop humaines, mais nos failles. Quand nous ne savons plus rien, Dieu peut nous remplir de son Esprit et accomplir son œuvre en nous. Cela ne signifie pas que Dieu méprise nos capacités, nos talents. Tout cela vient de lui. Mais tout cela doit être purifié, remis, déposé entre ses mains, passer par le creuset de la Passion.


          Nous sommes appelés à quitter nos rêves pour accueillir le don de Dieu, l’Esprit de Dieu qui vient illuminer nos âmes et nous permettre enfin d’accueillir tout ce que nous sommes comme un don de Dieu. Quand nous sommes pauvres de nous-mêmes, quand nous sommes assoiffés, nous sommes à même de recevoir l’Esprit de Celui qui, lui-même, fut dépouillé de tout et qui dans toute la nudité de sa pauvreté put dire librement : « Non pas ma volonté, mais la tienne. » Et c’est alors qu’Il remit l’Esprit et que nos péchés furent pardonnés. De cela, nous sommes établis témoins, de cet Esprit, nous sommes investis.  Voilà pourquoi, nous pouvons commencer à parler en d’autres langues que la nôtre.



Frère Bertrand

Solennité de la Pentecôte

(Ac 2, 1-11 ; 1 Co 12, 3b-7.12-13 ; Jn 20, 19-23)

Solennité de la Pentecôte

31 mai 2020

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