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                La Fête-Dieu : c’est le nom de la solennité de ce jour et ce nous est une grande joie, en effet, de fêter notre Dieu, de célébrer le don qu’il nous fait dans ce Très Saint-Sacrement de sa vie, de sa joie, de son Corps et de son Sang. Mais la Fête-Dieu est aussi notre fête, fête des enfants de Dieu. Car ce que nous allons manger et boire en nous approchant de l’autel, c’est notre vie, la vie qui nous est offerte ; ce que nous avons contemplé au long des heures de cette nuit d’adoration, c’est notre avenir déjà présent. Pas plus que la Sainte Trinité avec laquelle elle fait corps au terme des fêtes pascales et dans la lumière de l’Esprit répandu, l’eucharistie n’est une énigme insoluble, une équation dont il nous manquerait une ou plusieurs inconnues ; elle est un merveilleux présent de grâce, la clé du futur de notre humanité, elle est le lieu de notre divinisation. Disons-le, croyons-le surtout, sans emballement, mais humblement, joyeusement, avec gratitude et élan.


          Comme la manne de nos pères au désert, l’eucharistie est une nourriture pauvre pour un peuple de pauvres. Graine de vie à recueillir dans l’humble rosée que dépose la nuit, elle est l’aliment des hommes libres qui préfèrent au rassasiement de l’esclave l’étrange pain venu du ciel, au goût singulier, signe fragile de la présence indéfectible du Seigneur qui libère. Ce pain vivant est parole substantielle du Dieu qui suscite la foi de son peuple et l’accompagne en sa marche, en son chemin de libération, de conversion. « Souviens-toi, n’oublie pas le Seigneur ton Dieu ! » Et pour que tu n’oublies pas, voici que le Seigneur lui-même se fait mémorial, mémoire de ta libération – définitive celle-ci – du péché, mémoire de la liberté qu’il t’a conquise dans sa Pâque : « Faites ceci en mémoire de moi. » Oublie tes péchés, oui, tes chaînes, tout ce qui t’asservit à toi-même, petite idole, et te retient de suivre le chemin de Dieu, de garder ses commandements. Son commandement nouveau : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.


          Parce que nous ne savons pas bien faire – nous aimer les uns les autres – le Seigneur, le Maître nous offre bien mieux qu’un mode d’emploi ou qu’un modèle, il s’offre lui-même en force de transformation, en germe d’assimilation, en azyme d’unification. Ce pain que nous mangeons, c’est sa chair donnée pour la vie du monde, sa chair qui est vraie nourriture. Qu’est-ce qu’une vraie nourriture ? Un dynamisme de vie, un élan de communion. Le but de nos repas n’est pas de manger et boire pour nous remplir, ce processus égoïste n’est que mortifère. La vraie finalité d’un repas humain est de vivre et de partager la vie : manger c’est nourrir l’autre, se nourrir de l’autre, nourrir l’altérité comme condition de partage. La finalité du repas eucharistique est alors de recevoir la vie éternelle présente dans la chair de Jésus, chair mortelle et passée par le feu du sacrifice sur la croix, chair glorifiée au Feu de l’Esprit Saint, chair ressuscitée, spiritualisée, chair vivifiante. Cette nourriture-là nous assimile à elle quand nous la consommons dans la foi – en disant Amen, nous devenons ce que nous recevons, comme l’explicite saint Augustin. Elle nous fait devenir Christ, c’est-à-dire fils et filles dans le Fils unique se recevant lui-même du Père. Pour être avec lui envoyés : « De même que le Père qui est vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mangera vivra par moi. » Au cœur de l’eucharistie, nous rencontrons la Trinité. Comme sur la fameuse icône de Roublev.


          Qu’est-ce donc qu’être envoyé avec Jésus, pain de vie ? De toutes nos forces ou faiblesses, guetter l’unité, servir la communion. Guetter l’unité de ce monde déchiré pour qui Jésus s’est laissé déchirer, a été rompu. Servir la communion des croyants qu’un seul corps nourrit, qu’un seul sang divin abreuve et réjouit. Il y a là bien plus qu’un défi, un véritable acte de foi en cette transsubstantiation de tout le Corps que nous formons. Amen !                      

 

 


       Frère Bernard 

Saint-Sacrement

 (Dt 8, 2-3.14b-16a ; 1 Co 10, 16-17 ; Jn 6, 51-58)

  

Homélie du 18 juin 2017

Solennité du Saint-Sacrement

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