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   L'épisode évangélique de cette marche de Jésus sur les eaux, ne vise pas simplement à relater un acte extraordinaire ; il s'agit pour l'évangéliste d'annoncer déjà la victoire du Ressuscité sur toutes les forces du mal et de souligner la filiation divine du Christ Jésus. En effet, cet épisode se situe juste après la multiplication des pains. Ceux qui viennent d'être nourris ainsi, ne comprennent pas le sens spirituel de ce miracle ; ils ne voient en Jésus qu'un homme disposant d'une force inouïe : il peut apaiser la faim et guérir les malades.  Or, Jésus n'est pas venu pour combler les besoins matériels de l'homme, il n'est pas non plus simplement un grand thaumaturge. La mission que lui a confiée son Père est de combattre les puissances du mal. Et pour bien souligner l'importance de ce qui est en jeu dans la marche sur les eaux comme à d'autres moments-clés de la vie du Christ, l'évangéliste nous précise que Jésus,  avant de rejoindre ses disciples sur le lac, part à l'écart, et qu'il gravit la montagne pour prier son Père, en ces sommets propices à la rencontre de Dieu.


   Oui, ce récit doit être compris comme une anticipation de la victoire du Ressuscité sur le Mal, c'est pourquoi il est important de nous rappeler le symbolisme des eaux dans la tradition biblique : la mer est le repère des forces du mal, car ses flots sont menaçants et peuvent nous engloutir ; à l'instar du mal et du péché, elles nous entraînent dans les abîmes de la mort. Jésus, marchant sur la mer, foule donc aux pieds et domine les puissances infernales.  À ce moment-là, les disciples sont seuls dans la barque au milieu de la tempête, assaillis par le mal : L'embarcation était battue par les vagues car le vent était contraire. Nous aussi, nous avons bien souvent l'impression d'être seuls à lutter contre le péché, et nous ne savons pas reconnaître, que Jésus vient à notre secours, car notre cœur est fermé. Nous avons peur, nous crions vers Dieu ; c'est alors que cette phrase de Jésus, pleine de tendresse et d'amour, nous rassure : Confiance, c'est moi n'ayez pas peur. Il est facile de rapprocher cette scène des apparitions de Jésus ressuscité à ses disciples : effrayés, enfermés dans la maison, Jésus leur apparaît en disant : la Paix soit avec vous, et ils le reconnaissent.


  Notons que dans la scène évangélique qui nous occupe ce matin, Pierre demande à Jésus d'aller à sa rencontre : quel sens pouvons-nous donner à cette requête ? D'abord Pierre pose une condition : si c'est bien toi, ce qui indique qu'il recherche la preuve que cette apparition n'est pas celle d'un fantôme, mais bien du maître qu'ils suivent. Jésus l'appelle : viens. Cette parole s'adresse à nous aussi. Sommes-nous prêts à quitter la sécurité apparente du bateau pour marcher sur les eaux au risque de nous noyer ? Lorsque Jésus appelle à la confiance, il s'agit, pour les apôtres comme pour nous aujourd'hui, de mettre notre foi en celui-là seul qui a le pouvoir de nous sauver des forces du mal.


  Reconnaître le Ressuscité est toujours un acte de foi ferme qui met en marche et qui engage un exode, une sortie de nous-mêmes pour emprunter des voies inconnues, dans la confiance. Le reproche que Jésus adresse à Pierre : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? est le même qu'il adressera après sa résurrection à Thomas : Cesse d'être incrédule, sois croyant. Avec les disciples, nous sommes invités à nous prosterner et à confesser : Vraiment tu es le Fils de Dieu, ou à redire avec Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu.


   La venue du Seigneur est toujours discrète, telle la brise légère que perçut Élie à l'Horeb. Souvent dans le tumulte des soucis, des peurs, des tentations et du mal, nous ne parvenons tout simplement pas à percevoir cette invitation divine : viens ! et dans la frayeur que suscitent nos tempêtes, nous crions : Seigneur Sauve-moi.  Ayons alors la certitude que le Seigneur ne nous abandonnera jamais, car toute sa vie est tournée vers autrui, vers nous pauvres pécheurs, déjà pardonnés.

Célébrons donc maintenant la victoire pascale du Christ et communions-y pour avoir la force de mieux vivre les inévitables tempêtes de nos existences encore en attente de la plénitude du Royaume des Cieux.     

 

 

       Frère Etienne 

Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

 (1 R 19, 9a.11-13a ; Rm 9, 1-5 ; Mt 14, 22-33)

  

Homélie du 13 août 2017

Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

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