Accueil
Accueil
Genèse du monastère
P. Emmanuel
Saint Benoît
N-D de la Sainte-Espérance
Dom Paul Grammont
La famille olivétaine
N-D des Prés
La journée
vocation monastique
Amitiés
Oblats frères
Artisanat Présentation
Horaires du magasin
Hôtes
Moines, moniales, un chemin
Notre association
Bibliothèque du monastère

Videos
Contacts
Horaires liturgiques
Accès
Le 150e anniversaire
Au fil du mois
Homélie 2
Horaires liturgiques
Accès
Contacts
Horaires Semaine Sainte

  

                       L’avent nous met en contact avec la fin de notre espérance, non la fin comme une liquidation avant disparition, fin de l’histoire, the End, mais la fin comme l’objectif atteint, le but réalisé, le projet achevé, le terme du voyage. L’avent, ce n’est pas le monotone recommencement du cycle liturgique, mais un dynamisme puissant ré-infusé à notre foi, impulsé à notre espérance, embrasant notre charité. Il ne s’agit pas d’abord de nous préparer à Noël, mais d’une parole à accueillir, la Parole faite chair à Noël et devenue Pain vivant, Esprit vivifiant, à Pâques.

 

          Premier acte de cet avent, de cette venue de Dieu à l’histoire et à l’homme : la parole créatrice. Éternel dessein d’un amour sans mesure. Les prophètes l’avaient déchiffrée : « tu es notre Père, notre Rédempteur-depuis-toujours », c’est là son nom, qui le dit quand il nous dit : je t’ai racheté, parce que je t’ai créé, et je t’ai créé parce que je t’aime. Parole d’amour qui a déchiré les cieux, à l’origine, qui a entaillé le côté d’Adam pour en façonner Ève, blessure à jamais féconde, signe d’une unité qui ne se réduira jamais à la singularité, puisqu’elle est à l’image d’un Dieu Trinité. Parole de guérison aussi : « maintenant » encore, Seigneur, après tant de trahisons, de révoltes, « c’est toi notre père, nous sommes l’argile et tu nous façonnes » à ta ressemblance, en lui ton Fils, le nouvel Adam, l’Homme.


          Deuxième acte de l’avent : il est venu parmi nous, le Fils de l’homme, Jésus-Emmanuel, Dieu-avec-nous. Il est venu par Marie, l’humble et fidèle servante de la parole – faites tout ce qu’il vous dira, mais aussi par Joseph, Élisabeth et Zacharie, Jean-Baptiste, Élie et Moïse, Abraham, Isaac, Jacob et David, Ruth et Bethsabée, au sein d’un peuple choisi pour l’accueillir et l’offrir, Messie d’Israël et lumière des nations. Il est donc venu nous donner toutes les richesses de la grâce, dans sa parole et le témoignage rendu à son Dieu et Père sur la croix, témoignage qui l’établit dans sa gloire de Seigneur. Incarnation et rédemption comme un seul et même avènement de grâce, unique mystère, celui de la folie d’un Dieu qui aime jusqu’à s’anéantir pour sa créature. Folie bien plus intelligente que tous nos raisonnements, calculs de profits et quêtes de puissance. L’amour ne peut que s’offrir infiniment, gratuitement, sans autre motif que lui-même. Je t’aime non pour que tu m’aimes, mais parce que je t’aime.


          Troisième acte, celui auquel nous convie Jésus aujourd’hui : maintenant je pars en voyage, non pas au loin, mais dans les profondeurs de ton être, dans les méandres de votre histoire, aussi je vous donne tout pouvoir, tout mon pouvoir d’aimer, car je n’en ai pas d’autre. Ne cherchez pas à dominer qui que ce soit, à convaincre les récalcitrants, à rallier les foules, à railler les indifférents ou les opposants, à faire nombre dans vos églises. Ne cherchez qu’à vous nourrir de ma parole pour en vivre, à veiller sur vos sœurs, vos frères, en les servant, en les écoutant, en les aimant comme ils sont, non comme de potentiels disciples. Veillez, oui, veillez sur la porte de votre cœur, car je m’y tiens silencieusement, frappant doucement, dans mon grand voyage intérieur. Ne laissez pas profaner votre intériorité par ce qui est bruit, rumeur, tintamarre de réseaux trop souvent antisociaux, résonnant d’anathèmes et excommunications. Ne laissez pas vos oreilles et votre bouche, fenêtres et porte de votre cœur, s’ouvrir aux propos haineux, méprisants, qui jugent et condamnent sans appel. J’en appelle à votre conscience : soyez humble comme je suis humble, n’oubliez pas qu’il vous a été fait miséricorde. Et puisque je vous donne tout pouvoir, usez de ce pouvoir d’aimer, de servir et travailler avec moi, en moi. Laissez-moi être le portier de votre âme : alors le Diable-Diviseur ne saura vous séduire et vous endormir de ses philtres maléfiques. Veillez, ouvrez les yeux : je viens maintenant, je me tiens à la porte, je suis la porte du Royaume, l’unité de tous ceux en qui je règne. Pour la gloire du Père.       

      Frère Bernard

Premier dimanche de l'Avent

(Is 63, 16b-17.19b; 64, 2b-7 ; 1 Co 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37)

Premier dimanche de l'Avent

29 novembre 2020

ACCUEIL