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                                Que se passe-t-il en ce jour ? C’est la pentecôte, mot qui signifie cinquantième, cinquantième jour de la Pâque, autrement dit jour qui advient après une semaine de semaines du temps pascal, sept fois sept, quarante-neuf ! Cette fête, qui, selon le calendrier d’Israël, célèbre l’entrée du peuple dans l’alliance scellée par Dieu au Sinaï, se rapporte donc à celle de Pâques, dont elle est comme l’accomplissement, le débordement, la profusion : achèvement de la nouvelle création, de l’éternelle alliance de liberté inaugurée par la résurrection du Christ. Celle-ci est un événement tellement nouveau, inouï, incroyable, pour ces pauvres mortels, fragiles dans leur foi que sont les apôtres, qu’il leur faut bien, oui, une semaine au carré, semaine de semaines, pour se laisser atteindre par lui, saisir par la grâce de la victoire pascale.


          On a coutume de dire que la Pentecôte est la naissance de l’Église. Non, c’est bien Pâques qui est son berceau, son baptême : l’Église est née sur la croix, du Souffle transmis, puis au soir de ce premier jour de la semaine lorsque le Christ vient au milieu des Onze et souffle sur eux l’Esprit qui remet les péchés. Mais après le baptême pascal, il faut encore quarante jours d’apparitions, de présence voilée et dévoilée, temps de catéchèse par le Ressuscité lui-même pour apprendre à croire, à goûter la Parole de vie et le pain eucharistique. Puis vient encore une neuvaine d’infusion, autour de Marie, Mère de l’Église, infusion de l’Esprit promis, cet « autre Défenseur, qui vous rappellera tout ce que je vous ai dit ». Et voici au cinquantième jour, aujourd’hui, l’effusion de l’Esprit, confirmant les apôtres dans leur foi et faisant d’eux des envoyés, confirmés en Lui, qui est l’Onction, le Sceau de la présence du Christ. Esprit, Souffle de vie, telle l’haleine du Créateur insufflée dans les narines de l’homme au matin du monde, Feu divin, force d’un amour qui se communique souverainement, sans consumer ni ne s’éteindre jamais. Alors, après la longue catéchèse pascale, les apôtres, saisis par ce Souffle et ce Feu tout-puissants, se lèvent et, d’enseignés, deviennent des témoins pleins d’assurance, prêts à se livrer, à donner leur vie pour Celui qu’ils annoncent : « plus tard, tu me suivras » avait dit Jésus à Pierre au soir du jeudi saint ; puis, sur les bords du lac : « suis-moi ». Voici qu’en ce jour, il se lève pour suivre. Pour vivre. Sous la motion de l’Esprit.


          L’Esprit Saint, Don du Ressuscité et de son Père, est un Don personnel. C’est lui qui, au plus intime de notre cœur, nous donne, à chacun, d’aimer Jésus, de nous croire aimés de lui à une profondeur abyssale, éternelle. Il intériorise en notre âme l’amour du Père pour le Fils déclaré au baptême et l’amour du Fils pour le Père, déclaré sur la croix. Esprit de la résurrection, il fait de chacun de nous, des enfants de Pâques, nés de cet enfantement divin du Ressuscité. Ce faisant, il fait que nous gardions les paroles de Jésus, que nous en vivions, que nous les vivions, que nous les mettions en actes, à notre tour. L’Esprit Saint ne fait pas de cocooning, plutôt du monitoring ! Divin moniteur !

 

          Il est aussi, indissociablement, un Don communautaire. C’est parce qu’ils sont réunis ensemble, avec Marie, que l’Esprit vient au cénacle, sur les Douze. Car ils sont Douze ! Pas seulement un, fût-il Pierre. Collège apostolique, foi collégiale… Et du même Don d’en-haut, chacun reçoit une langue de feu en partage, afin d’être entendu par d’autres. Le miracle de la Pentecôte, c’est de faire entendre l’unique message, la seule bonne nouvelle et vérité dans une symphonie de langages : « tous, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » L’Esprit Saint a le secret de la langue qui rejoint le cœur de chacun. Demandons-lui de nous donner une part de ce secret pour ceux que nous rencontrons.


          L’Esprit Saint est enfin un Don universel, qui ne connaît ni frontières ni barrières, pas même ecclésiales. Il est la liberté de Dieu. Écoutons saint Paul nous l’enseigner : « tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. » Alors, oui, tuons en nous les agissements de l’homme pécheur, qui rapetisse, mutile ou contredit la libre action de l’Esprit. Et acceptons humblement de n’être pas propriétaires de la Vérité mais à son service, dépassés en sainteté par d’autres enfants de Dieu, qui peut-être ne le connaissent pas.    

Frère Bernard

Pentecôte

(Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; Rm 8, 8-17 ; Jn 14, 15-16.23b-26)

Pentecôte

9 juin 2019

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