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          Soyons attentifs aux premiers mots de cet évangile pascal : « C’était après la mort de Jésus, le soir, en ce premier jour de la semaine, et les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées. » Avant le soir, il y eut certes l’expérience bouleversante, au lever du jour, du tombeau trouvé vide par Marie-Madeleine, Pierre et l’autre disciple venant voir, et Marie-Madeleine, restée là et rencontrant Jésus, qui l’envoie : « Va porter la nouvelle à mes frères. » Tout cela est si ténu, si fragile. Et nous voici au soir de ce jour, toujours après la mort de Jésus, et les portes qui sont verrouillées ne sont pas seulement celles du lieu où se trouvent les disciples, mais à l’intérieur de leurs cœurs, cadenassés par la peur de se laisser rejoindre et transformer par l’événement. La pente est si naturelle de demeurer vissés dans nos pseudo-certitudes, nos regards sans espérance : « C’est mort » comme on dit. Que nous répond alors notre évangile ? Jésus ne déverrouille pas les portes du lieu, il n’escalade pas les murailles. Non, simplement : Jésus vint et il était là au milieu d’eux. C’est juste renversant, bouleversant. Au milieu des disciples emmurés dans leur tristesse, leur incapacité à croire, il est là et il dit : Paix à vous ! Jésus se tient exactement là où nous sommes dans l’incapacité de faire un pas, de croire à une issue, à la Vie nouvelle. Et il nous offre sa présence royalement libre parce que royalement aimante. Il nous offre sa paix et nous ouvre la porte de la vie, cette Porte qu’il est lui-même, en nous montrant, comme aux disciples, ses mains et son côté ouverts pour toujours. Les plaies de Jésus, percées par les clous et la lance, ne se refermeront jamais parce qu’elles sont devenues la porte de la vie, de la Divine miséricorde. Jésus nous demande d’oser regarder ces blessures que notre péché, mon péché personnel – tous mes enfermements, mes refus d’aimer – lui ont infligées ; les regarder non comme des pièces à conviction destinées à me confondre et m’accuser, mais comme des gages de son infinie tendresse. Oser les regarder pour y voir filtrer la lumière de son amour éternel, couler la fontaine rafraîchissante de sa Vie divine. Pour y voir et y boire le pardon de son Père, nous serrant en ses bras divins, cette « grande miséricorde qui nous fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts ».


          Les disciples sont remplis de joie en voyant le Seigneur, déjà ils confessent sa Seigneurie, la divinité de celui qu’ils ont reconnu à ses blessures de crucifié. La foi naît en leurs cœur qui s’ouvre à la grâce de la vie, du pardon. Mais pour croire pleinement en cette Vie offerte, pour quitter au long des jours toute peur – peur de l’autre, peur de moi, des abîmes de mort qui s’agitent en mon cœur, peur de sourire, d’aimer, de pardonner de vivre et faire vivre… Pour fermer la porte à ces peurs et devenir des témoins, des apôtres, des envoyés, ils ont encore besoin d’une force gigantesque. Besoin que « la puissance de Dieu les garde par la foi », comme l’explique saint Pierre dans l’épître. Besoin de cet Esprit Saint que le Ressuscité souffle maintenant sur eux comme le souffle de Dieu dans les narines d’Adam en un autre premier jour. Souffle Créateur, Souffle de joie, de liberté, d’élan, inspiration d’amour, de sagesse, de discernement pour trouver et ouvrir toujours la porte de la vie dans nos relations : Recevez l’Esprit Saint, devenez des êtres de pardon, de communion, de réconciliation. Première confirmation de l’histoire !


          Alors pourquoi une troisième fois ces mots « Paix à vous », huit jours après ? Parce que la paix est le cadeau et le nom du Dieu Trinité. Parce que Thomas doit rejoindre la communauté pour la recevoir, cette paix. Parce que l’acte de foi est le plus personnel qui soit : j’ai besoin des témoins pour appuyer ma foi, mais avec Thomas, je dois aussi engager toute ma liberté inaliénable. Accepter de plonger ma main, comme un mendiant de foi, d’espérance et d’amour, dans le côté ouvert du Christ pour communier à sa Vie et cesser d’être incrédule : Mon Seigneur et mon Dieu ! Disons-le au plus intime de nous-même, ce cri de foi, ce cri de joie ! Mon Seigneur et mon Dieu ! 

       


       Frère Bernard 

Dimanche de la divine miséricorde

 (Ac 2, 42-47 ; 1 P 1, 3-9  ; (Jn 20, 19-31)

  

Homélie du 23 avril 2017

Dimanche de la divine miséricorde

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