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            Plutôt que de tirer de cet évangile le constat réaliste mais peu fructueux de la distorsion quotidienne entre nos paroles et nos actes, plutôt que de nous appesantir sur notre désir de domination et sur notre souci de briller devant autrui, contemplons celui qui nous parle aujourd’hui, en nous effaçant devant lui. Certaines introspections qui se veulent réalistes ne font que renforcer notre narcissisme et nous emprisonnent dans un trop grand souci de notre ego. Jésus nous émerveille par la vitalité de sa parole qui ouvre toujours à l’espérance et à la joie. Ses contemporains l’ont assuré : « Jamais personne n’a parlé comme cet homme. » En lui, nul écart entre son enseignement et ses actes. Aucun mensonge n’est jamais sorti de sa bouche. Sa vie n’a jamais été décalée de sa prédication, car ce qu’il dit s’accomplit toujours, puisqu’il est le Verbe de Dieu, sa parole créatrice qui dit, et cela est. Sans doute, ne songeons-nous pas suffisamment à écouter ainsi l’évangile comme la parole vivante du Seigneur, qui a le pouvoir de tout guérir, de tout restaurer, de nous unifier en nous donnant d’atteindre une intégrité à laquelle nous ne sommes pas capables d’accéder par nous-mêmes.


          Plutôt que de tenter de nous réformer nous-mêmes sans le secours de Dieu, il est plus juste de confesser humblement les discordances qui nous habitent et de nous exposer à la puissance recréatrice de l’Évangile, toujours offerte et agissante dans la liturgie de l’Église. Le Seigneur n’exige pas de nous des exploits religieux, il nous demande simplement l’humilité d’un cœur contrit, dans la certitude que nous avons un Père qui veille sur nous et qui a le pouvoir de nous attirer à lui, si nous le laissons faire. Nous ne pouvons nous élever jusqu’à lui, mais nous pouvons accepter qu’il nous pardonne, qu’il nous attire à lui et nous donne de faire de notre pauvreté le lieu de la vraie rencontre avec lui. La grâce est toujours de s’oublier soi-même et de nous tourner vers celui qui nous offre la repentance, le pardon, la guérison, l’unité et la paix des pécheurs pardonnés.


          Puisqu’il ne saurait être question de mérite devant Dieu, il n’y a dès lors plus place pour la comparaison, la discrimination et le jugement. Pourquoi vouloir siéger à une place d’honneur quand nous comprenons qu’en Dieu chacun est unique ? Pourquoi nous comparer à autrui quand nous comprenons que Dieu aspire à se donner totalement à chacun d’entre nous ? Que nous importe en effet de posséder peu ou beaucoup si nous sommes emplis de sa présence et comblés de ses dons ?


          Si Jésus fut si libre, c’est précisément parce qu’il se remettait à chaque instant entre les mains de son Père dans le renoncement à séduire ceux qu’il rencontrait. Il s’est fait le serviteur de tous, il s’est voulu la porte qui conduit au Père et se fait oublier. Que la contemplation du Serviteur nous introduise dans le Royaume où chacune des personnes de la Sainte Trinité s’efface pour se donner et s’oublie pour que l’autre soit au centre.

                  Frère Bertrand 

Trente-et-unième dimanche du temps ordinaire

 (Ml 1, 14b – 2, 2b.8-10 ; 1 Th 2, 7b-9.13 ; Mt 23, 1-12)

  

Homélie du 5 novembre 2017

Trente-et-unième dimanche du temps ordinaire

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