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                        Jésus pose une question surprenante à l’aveugle qui crie de toute sa foi au bord du chemin et qui implore celui qu’il reconnaît pour le messie puisqu’il l’appelle « fils de David », afin qu’il le prenne en pitié. Jésus demande à cet homme : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

N’est-il pas évident que cet aveugle désire être guéri de sa cécité ? La question de Jésus peut sembler presque indécente face à un homme dont l’infirmité est si manifeste. Pourquoi donc l’interroger ?

C’est que Jésus, à la différence de ce que nous faisons si souvent, respecte infiniment la liberté de ses interlocuteurs et ne se permet pas de les priver de leur liberté de s’exprimer. Nous savons que cet aveugle est mendiant : peut-être ne souhaite-t-il pas du tout voir, ce qui l’obligerait à changer de mode de vie en travaillant et en cessant de demander l’aumône ? Peut-être souffre-t-il d’une profonde blessure morale ou spirituelle ? L’amour du Seigneur est tel qu’il ne force pas la porte de nos cœurs, mais attend d’être invité pour entrer. Il est si délicat qu’il se met profondément à l’écoute de chacun d’entre nous, sans préjuger de ce que nous allons lui dire, lui demander, lui confier.


          La toute-puissance de Dieu est une toute-puissance d’amour qui jamais ne prend possession des cœurs sans en être priée. Le véritable amour est pauvre, infiniment respectueux de l’être aimé. Comment l’amour infini pourrait-il tenir pour quantité négligeable l’expression de notre liberté ? À chacun, Dieu demande donc : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » et c’est à chacun de répondre en toute liberté, sans crainte, sans penser que sa réponse n’a pas vraiment d’importance pour le Seigneur.


          Si notre liberté face à Dieu est magnifique, elle est aussi très exigeante, car elle va de pair avec notre esprit de foi. Oui, nous sommes conviés à donner gratuitement, pleinement, notre confiance à celui qui nous interroge. Nous aimerions parfois qu’il discerne à notre place ou qu’il décide pour nous la route que nous avons à suivre. Nous aimerions abdiquer entre ses mains la difficile responsabilité des choix à poser personnellement pour avancer plus librement dans la vie. Or, si le Seigneur désire vraiment faire route avec nous et nous libérer de ce qui nous entrave, il ne veut certainement pas nous priver de faire les choix qui nous reviennent. À l’aveugle de crier sa foi, à l’aveugle de se lever et de rejeter le manteau qui l’entrave ; à l’aveugle de confesser Jésus comme messie et de le supplier ; à l’aveugle de demander d’être guéri de sa cécité et de suivre Jésus sur le chemin. Tous ses choix entraînent un tel bouleversement de son existence que c’est vraiment à lui, et à lui seul, de les poser. Souvenons-nous a contrario de l’homme riche à qui Jésus propose de tout vendre pour le suivre. Cet homme n’y consent pas et Jésus ne fait rien pour le retenir. Il l’aime pourtant ; L’évangile nous le dit clairement : « Jésus le regarda et se mit à l’aimer. » Mais c’est précisément parce qu’il l’aime qu’il le laisse libre de s’éloigner sans tenter de l’influencer, de le contraindre. Que chacun d’entre nous réponde donc librement et en vérité à cette question que Jésus lui pose maintenant : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » en sachant que notre réponse compte vraiment aux yeux du Seigneur.


Frère Bertrand 

Trentième dimanche du temps ordinaire

(Je 31, 7-9 ; He 5, 1-6 ; Mc 10, 46b-52)

Trentième dimanche du temps ordinaire

Homélie du 28 octobre 2018

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