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          L’ascension du Seigneur a lieu quarante jours après Pâques, distincte mais indissociablement unie à la résurrection. Que veulent nous dire ces quarante jours ? Si l’on se réfère au contexte biblique de la Pâque, on ne peut pas ne pas faire le parallèle avec les quarante ans passés par Israël à sillonner le désert après le passage de la mer rouge et avant de gagner la terre promise ruisselant de lait et de miel. C’est au désert que le peuple entre dans l’alliance, reçoit la loi du Seigneur, passe par les doutes, les retours en arrière, vit le combat de la foi. Voilà ce qui se joue en abrégé dans ces quarante jours d’avant l’Ascension : la victoire nous est acquise à Pâques, le pardon est donné, la mort est défaite. Avec Jésus, nous sommes déjà ressuscités. Mais le peuple croyant doit faire l’apprentissage de cette liberté nouvelle, fortifier sa foi trébuchante, mettre ses pas hésitants dans les traces de celui que les Actes des apôtres appellent le guide et le chef de notre foi. Lui, le Prince de la vie, nous balise le chemin du ciel, ce Royaume de Dieu dont il ne cesse d’entretenir les apôtres. Quarante jours d’apparitions pour faire le noviciat de l’Église, le noviciat des apôtres. Pour leur apprendre leur métier d’apôtres, c’est-à-dire de témoins. « Vous serez mes témoins ».


          Qu’est-ce qu’un témoin ? C’est quelqu’un qui a vu et qui croit fermement en ce qu’il a vu. Les apôtres ont eu besoin de ces quarante jours où ils ont vu Jésus Ressuscité, où ils l’ont reconnu à la fraction du pain, à ce nom intime murmuré au cœur de chacun, à cette manière unique de les appeler « les enfants », aux stigmates lumineux d’où s’épanche la miséricorde. Il a fallu du temps à Thomas pour se laisser convaincre, à tous pour que leurs yeux se dessillent sur la réalité toute nouvelle, la vie infinie qui transparaissait dans cet homme en qui ils reconnaissaient leur Maître aimé. Noviciat de la foi, noviciat de la joie immense, sans bornes et sans frontières, noviciat de l’espérance chrétienne : le Royaume est déjà là, présent en Lui, Jésus. Présent, car il est toujours avec eux, il ne les quitte pas, il ne nous quitte pas ; il leur promet, il nous promet son Esprit Saint. Le Souffle vivant qui le relie au Père, sa vie même de Fils bien-aimé, sa joie toute filiale. L’Esprit qui lui rend témoignage va faire des Douze, de nous tous après eux, ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.


          L’ascension de Jésus est une grande leçon de géographie. Le temps ne nous appartient pas, il est le mode selon lequel le Père se révèle à nous, de sa propre autorité : nous ne pouvons que le recevoir. Quarante jours, quarante ans, durée symbolique pour dire une présence mutuelle, une marche partagée, un Royaume de communion qui s’instaure progressivement au cœur de chaque croyant, au cœur de l’Église. Ce qui nous appartient, c’est l’espace où nous sommes envoyés proclamer l’évangile, c’est-à-dire le proclamer, lui, le Ressuscité. Le lieu que nous avons à investir, c’est l’espace de notre vie, la géographie de nos relations, les carrefours de nos existences bigarrées, mélangées, confuses parfois. Là, nous sommes envoyés comme témoins de son amour, premier et dernier.


          Être témoins pas seulement en paroles, mais pour vivre de lui, en lui, comme lui. Trois qualifications de ce témoignage :

  • Expulser les démons. Certains reçoivent ce ministère spécifique dans l’Église, mais nous avons tous à expulser le démon de la division, de la zizanie : « Ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. »

  • Parler en langues nouvelles. Apprendre à parler la langue de mon frère. M’ouvrir à lui. L’Esprit désenclave nos cœurs, nos intelligences, nos habitudes. L’Esprit du Ressuscité se joue des verrous de nos peurs.

  • Imposer les mains. Baptisés et confirmés, peuple sacerdotal, nous sommes porteurs de l’onction du Seigneur. Le saint-chrême reçu continue d’agir. Que faisons-nous de cette onction de guérison ? Nous avons ce pouvoir, pas forcément de faire des miracles, mais d’écouter, de consoler, de soulager, d’aimer, de sourire à tout le moins. En usons-nous ? 

   

Frère Bernard

Ascension du Seigneur

(Ac 1, 1-11 ; Ps 46 ; Ep 4, 1-13 ; 10, 19-23 ; Mc 16, 15-20)

Homélie de l'Ascension

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