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Commentaire de la règle

Règle de Saint-Benoît 7,62 – 70

RB 7,62 - 70

Une méprise, un contresens sur ce 12e degré d’humilité, serait sans doute de croire que c’est en marchant la tête inclinée que l’on devient humble ! Ce qui serait de la tartuferie, de ces hypocrisies dénoncées par l’Évangile.
En réalité, c’est de l’intérieur que Dieu façonne un cœur humble, et cela prend peu à peu chair dans la vie du moine. Nous sommes, encore et toujours, renvoyés à la Parole de Dieu : « Seigneur, je ne suis pas digne, moi pécheur, de lever les yeux au ciel ; je me suis courbé et profondément humilié. » 
Parole à répéter en son cœur, ce lieu que nous fuyons trop souvent, alors que c’est là que Dieu nous attend.
La « méditation cachée », cordiale, intime et répétée, de la parole de Dieu, c’est le travail du moine ; d’autres formes de vie chrétienne peuvent bien sûr s’en inspirer. Mais notre appel propre réside dans la reprise inlassable de cette attitude confiante du jeune Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »
Au terme de ce long chapitre de la Règle, saint Benoît désigne une fois encore la source d’où tout découle : une recherche amoureuse de la volonté de Dieu, une écoute fidèle de sa parole. « Occupe-toi de moi, et je m’occuperai de toi », disait le Christ à sainte Catherine de Sienne. Le cœur écoutant, énamouré de la présence du Maître, devient la source d’un renouveau qui s’empare de tout l’être, dans ses relations à soi et à autrui. À l’insu de celui qui ne s’occupe plus de lui-même, mais uniquement de son Bien-aimé, celui-ci devient libre de faire en lui son œuvre pascale, dès ici-bas.

À l’exemple de ces saints moines et moniales qui ont su se livrer corps et âme au travail de la grâce, laissons le Seigneur manifester, par l’Esprit Saint, la joie de cette bonne nouvelle dont le monde a faim et soif : l’amour parfait chasse la crainte.