Aller au contenu
Commentaire de la règle

Règle de Saint Benoît, Chapitre 14 pèlerinage N.D. de la Sainte Espérance

Fr. Guillaume

Les saints sont associés à la victoire pascale du ressuscité, telle qu’elle est célébrée chaque dimanche en une pâque hebdomadaire. Marie, Mère de la Sainte-Espérance, est en tête de ce cortège, de cette foule immense revenue de la grande épreuve (cf. Ap 7,14). Première des sauvés, c’est d’elle que nous disons à Dieu : « Tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils » (Prière d’ouverture de l’Assomption). Nouvelle Ève, créature parfaite, Marie demeure cependant notre mère jusqu’à la fin des temps.

Les saints déjà nous font vivre une expérience de communion qui défie le temps et l’espace : « L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ, ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels » (Lumen Gentium, §49).

Cette union, rendue possible par la victoire du Christ sur la mort, Marie l’incarne comme mère de l’Église : « Par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel » (Lumen Gentium, §62). La prière de Marie, qui se révèle au P. Emmanuel comme mère de la Sainte-Espérance, à Bernadette comme l’Immaculée Conception, aux enfants de Fatima comme Reine de la paix, cette prière n’est-elle pas le plus puissant encouragement à la conversion ? À accueillir, et à vivre, dans toute sa pesanteur, la réalité d’une condition marquée par la finitude, par un combat ou la lumière ne règne « pas encore » ; mais à y découvrir que la semence du Royaume est « déjà là », cachée, ténue, obstinée comme le jour qui point au levant ? La vigilance de notre mère ne nous incite-t-elle pas à « nous lever enfin » (cf. Prologue de la Règle, v.8), à quitter le talus spongieux de la résignation, pour reprendre, les reins ceints, le bâton à la main, les sandales aux pieds, notre pèlerinage de conversion ?

Contemplons Marie en ce jour, telle que l’a décrite le Concile : « De même qu’au ciel, la mère de Jésus, déjà glorifiée corps et âme, représente l’image et les prémices de l’Église qui doit connaître son achèvement dans le siècle à venir, de même sur cette terre, jusqu’à ce que vienne le jour du Seigneur, elle brille comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le Peuple de Dieu en marche » ( Lumen Gentium, §68).