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                                  Entre les cendres dont nous avons été marqués mercredi, et les pierres sèches du désert de Judée où se déroule notre évangile, le début du carême pourrait paraître bien aride ! Comme si ce temps de pénitence impliquait que nous nous réduisions en poussière, que nous nous anéantissions devant Dieu, écrasés par notre péché pendant 40 jours, avant l’heureux dénouement de Pâques…

Mais l’évangile de ce jour nous invite à bien autre chose. Ceux qui connaissent le désert savent, en effet, qu’il fourmille de vie, de vie cachée, et qu’une simple ondée printanière suffit à le faire refleurir. Oui, la vie que nous célébrerons à Pâques s’affirme déjà dans les prémices de la vie publique de Jésus, dans cet épisode de sa tentation au désert, situé entre son baptême et sa première prédication.


                   Dès le baptême en effet, la vie trinitaire embrase la mission du Christ, désigné par le Père et entouré de la tendresse de l’Esprit. C’est aussi le moment où s’affirme sa pleine humanité : baptisé par Jean comme tout un chacun, il fait bien partie de son peuple. Cet abaissement du Fils éternel, ce consentement à toutes les conséquences de son incarnation, caractérise aussi l’épisode de la tentation. Les évangiles de Matthieu et de Luc, plus développés que ce récit de Marc, montrent que Satan exige de Jésus qu’il manifeste sa puissance. Mais toute la vie du Christ, dont nous voyons ici le commencement, viendra prouver que c’est la faiblesse que Dieu a choisie pour rejoindre et sauver les hommes. « En toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché », comme le dira l’épître aux Hébreux (4,15) : devenu « en tout semblable à ses frères » (He 2,17), il n’ignore rien des embûches de l’existence, ni de ses drames. C’est ainsi qu’au terme de sa vie terrestre, il a « souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa passion » (He 2,18) ; apparemment abandonné de son Père, il s’est abandonné à sa volonté ; recevant alors la force de boire la coupe qui lui était présentée, il nous a associés à sa pâque pour qu’avec lui, nous entrions dans la vie qui n’a pas de fin.


                   Dès cette terre, nous sommes ainsi rendus capables de la vie divine : par le baptême, nous sommes arrachés à la fatalité de la mort. Les catéchumènes de notre diocèse, qui ont hier reçu leur appel décisif, aspirent au moment de leur nouvelle naissance. La préparation qu’ils reçoivent, appelée à se prolonger après Pâques, montre qu’au-delà du coup de tampon sur un registre, ce sacrement inaugural est le coup d’envoi d’une aventure, rien moins que la vie chrétienne.

                   De même que l’Esprit a poussé avec force Jésus au désert, image du monde en attente de rédemption, de même, forts de sa victoire sur l’Adversaire, nous avons à vivre « l’engagement envers Dieu d’une conscience droite », pour reprendre les mots de l’épître de Pierre (3,21). Il s’agira, jour après jour, de marcher à la suite du Christ, humbles devant notre très humaine condition, et pleins de confiance dans le Père qui nous appelle. La vie baptismale n’est pas une simplification des difficultés de l’existence, mais plutôt une unification progressive de ses dimensions contradictoires. Dans le ciel d’après le déluge, Dieu suspend son arc. C’est en signe de paix, mais un arc est un arc, c’est une arme ; l’arc-en-ciel est le mémorial de tous les combats de l’humanité sur le difficile chemin de l’alliance avec son créateur.


               Retenons pour finir une autre image de notre vie nouvelle d’enfants de Dieu. Jésus vivait au désert « parmi les bêtes sauvages », ce que Noé, passant 40 jours confiné dans l’arche, avait annoncé. Jésus n’a pas expulsé ni détruit ces créatures qui nous font peur : la vipère et le scorpion, le lion et le dragon du psaume 90. Il les a affrontées par sa douceur. Voilà un beau chemin de carême : vivre avec les monstres qui m’habitent ; les désarmer par mon renoncement à la violence. Alors, vaincus et transformés comme le loup de Gubbio par la douceur de saint François, ils pourront devenir des créatures nouvelles, qui apparaîtront comme autant de signes de conversion. Ces transformations intérieures seront notre Évangile vécu.  C’est alors que, oui, dans le secret des cœurs, « le règne de Dieu est tout proche. »                  


Frère Guillaume

Premier dimanche de carême

(Gn 9, 8-15 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1,12-15)

Premier dimanche de carême

21 février 2021

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