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                        Jésus vient bouleverser la conception que nous nous faisons bien souvent de l'établissement du Règne de Dieu au milieu de nous. Disons pour faire court que nous en avons une conception volontariste. Nous qui avons reçu la Parole de Dieu, la bénédiction du Seigneur, et même la mission d'évangéliser en son nom, nous croyons que l'instauration du Règne de Dieu dépend essentiellement de nos efforts, alors que les paraboles de Jésus nous disent bien autre chose. Relisons la première : « Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, la semence lève et grandit, il ne sait comment. » Et la moisson arrive au terme de ce processus mystérieux sur lequel le semeur n'a pas vraiment prise.


          Au fond, c'est le Seigneur qui veille jour et nuit sur son Église chargée de semer la parole de l'Évangile. À nous, bien sûr, de transmettre ce que nous avons reçu, mais ne soyons pas indiscret : ce que nous semons par notre prière, par notre parole, par notre écoute, par notre charité, est bien tombé dans la terre des cœurs auxquels nous nous sommes adressés, vers lesquels nous nous sommes tournés, mais, pour le reste, ne soyons pas indiscrets, impudiques : par un geste, par une parole, par une écoute silencieuse, nous avons mis un homme, une femme en contact avec Dieu. C'est ensuite le Seigneur lui-même qui prend le relais : il instaure un dialogue direct avec celui qui a reçu le germe de sa présence, il l'enseigne au secret de son cœur par la prière, par des inspiration secrètes, par la rencontre d'autres frères et d'autres sœurs dans la foi ; en un mot, il instaure une histoire d'amour avec lui, avec elle. Qui sommes-nous pour nous immiscer dans cette communion intime et vouloir l'orienter ? Approcher le mystère de Dieu à l'œuvre dans les cœurs demande une infinie délicatesse, une très grande discrétion, une profonde pudeur. La foi chrétienne n'est pas d'abord l'œuvre des hommes, fussent-ils de grands spirituels ; non, elle est l'œuvre de Dieu dont l'Église doit être la servante. À la communauté des croyants revient de rendre un culte au Seigneur pour nourrir le peuple de ceux qui aiment Dieu, d'oser une parole pour encourager la marche de ceux qui cherchent Dieu. Il revient encore à l'Église de permettre à la grâce de féconder le cœur des fidèles en étant servante des sacrements par lesquels Dieu se rend présent à l'homme. Le reste, tout le reste, appartient à Dieu et à lui seul.


          La conscience de l'homme en quête du Seigneur ou en relation de longue date avec Dieu  est un temple dans lequel nul être humain n'a le droit de pénétrer. Aussi la moisson lève et grandit sans que l'homme sache comment. Le pire qui puisse arriver dans l'Église c'est que s'instaure le règne de mauvais pasteurs qui estiment avoir des droits sur les âmes, ce sont ces mauvais bergers que Jésus dénonce souvent dans l'Évangile. Ils ne sont pas serviteurs de leurs frères, ils prétendent les diriger ; ce sont en fait des êtres malfaisants qui violentent les âmes. Soyons attentifs à ne jamais oublier cette recommandation du psaume : « Ne mettez point votre foi dans les princes, ces fils d'hommes qui ne peuvent sauver !». Seul Dieu instaure son règne, seul le Seigneur fait lever la moisson. Quelle bonne nouvelle !


          La seconde parabole nous rappelle en plus que Dieu est discret : il aime les toutes petites semences, il aime le bouche à oreille pour la diffusion de l'Évangile, il chérit les humbles telle la Vierge Marie qui par son simple oui a permis l'avènement du Sauveur. Renonçons donc à vouloir user de ces moyens voyants et bruyants, en usage dans le monde, pour faire progresser le règne de Dieu. Contentons-nous de faire chacun, discrètement mais amoureusement, ce que nous avons à faire, et le Seigneur accomplira des merveilles. Un père ou une mère qui prie avec son enfant quotidiennement, une grand-mère qui écoute patiemment ses petits-enfants sans les juger mais en leur permettant de confier sans réserve et sans crainte d'être jugé ce qu'ils pensent, un proche qui tient silencieusement et amoureusement la main d'un grand malade, un moine, une moniale qui prie dans le secret de son monastère, voilà les artisans du règne de Dieu. Remercions le Seigneur qui a choisi la pauvreté pour exprimer l'amour qu'il porte à sa création. Nous savons bien que là réside la vérité du monde, et de son avenir en Dieu dans le Royaume qui vient.

  


      Frère Bertrand

Onzième dimanche du temps ordinaire

(Ez 17,22-24 ; 2 Co 5, 6-10 ; Mc 4, 26-34)

Onzième dimanche du temps ordinaire

13 juin 2021

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