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Horaires Semaine Sainte

  

                                    « Il vit, et il crut. » Comme il est bref, le mystère de la foi ! Au commencement, quand il suffit que Dieu dise : « Que la lumière soit ! » pour que la lumière fût, et ce matin, matin du « premier jour de la semaine », quelques mots suffisent, et tout est changé. En un éclair, la lumière pascale illumine le regard du disciple-témoin ; il émerge enfin du monde d’épaisses ténèbres qui l’oppressaient depuis la mort de son maître bien-aimé, et naît à la vie nouvelle des enfants de Dieu.


          Jean ne nous dit rien de Pierre, qui l’accompagne et qui, selon saint Luc, « s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé » (Lc 24,12). Pas plus que le ressuscité ne se manifeste « à tout le peuple » (1re lecture), le don gratuit de la foi ne s’impose pas : il naît en son temps dans le cœur de l’homme, souvent patiemment préparé par Dieu à son insu. C’est le cas de Jean, le « disciple bien-aimé ». Lui qui reposait sur le cœur de Jésus lors de la dernière cène et qui se tenait auprès de la croix, sera le seul à le reconnaître au matin de la pêche miraculeuse : « C’est le Seigneur ! » – et Pierre de se jeter à l’eau. Ce matin, c’est l’amour, puisé dans le cœur de Jésus, qui lui donne des ailes pour courir plus vite, pour espérer plus fort et pour discerner, dans la foi, les signes que Dieu donne de son passage. La certitude d’être aimé habitait le cœur de Jean ; elle guide les pas de l’homme vers la rencontre du Bien-aimé, vers une connaissance qui n’aura pas de fin.


          Ce matin-là, il ne s’agit pas de connaître le Christ « à la manière humaine », pour reprendre les mots de saint Paul (2 Co 5,16). L’événement de la résurrection défie notre entendement, et tout ce que nos sens peuvent percevoir : au bord du lac, sur le chemin d’Emmaüs, tout comme dans le jardin aux yeux de Marie-Madeleine, Jésus ressuscité est méconnaissable. Si les stigmates de la passion lui avaient fait perdre figure humaine, la gloire reçue du Père transforme son humanité. Aveuglés, éblouis, les yeux des témoins de Pâques accèdent à la lumière de la foi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20,29), dira Jésus à Thomas.


          Pourtant, l’homme a besoin de signes, et Dieu, dans sa miséricorde, les lui donne. De même qu’à Gethsémani, selon la belle réflexion du pape François, « l’amitié de Jésus », qui quémande par trois fois la prière de ses disciples, respecte leur « fragilité » en les laissant dormir, de même sa compassion leur laisse le signe du tombeau vide et des linges « posés à plat », vides du corps qu’ils ont enveloppés, mais preuve irrécusable que ce corps n’a pas été volé.


          L’ensemble de l’évangile de Jean, depuis « le commencement des signes » à Cana, jusqu’à tous les « autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre », est traversé de la lancinante question d’une foi qui a besoin de signes, à laquelle répond ce matin le tombeau vide. Que nous dit ce signe paradoxal ? Rien d’autre que l’accomplissement de la promesse répétée par « tous les prophètes » (Ac 10,43), et par Jésus lui-même dans ses annonces de la passion, qu’il ressusciterait « le 3e jour ». Cette fidélité de Dieu à sa parole – dans ce qu’elle a de plus inouï – désigne le lieu où il faut le chercher : dans l’Écriture, que les disciples, et nous-mêmes, n’avaient pas encore comprise, et dans la tradition de leur témoignage. De la matrice du tombeau vide naît en effet l’évangile, le récit de tout ce qu’a fait Jésus « dans le pays des Juifs et à Jérusalem » (Ac 10,39), écrit à la lumière de la foi pascale. Porteur de la bonne nouvelle, l’évangéliste constitue le premier maillon d’une chaîne que nous continuons aujourd’hui : « C’est lui, le disciple qui rend témoignage de tout cela, et qui l’a rapporté par écrit, et nous savons que son témoignage est vrai » (Jn 21,24).

          Célébrer Pâques, c’est ainsi attester que la tradition est vivante. Les signes reçus, la foi allumée au cœur comme un feu dévorant, la parole de joie qui rend l’espérance à l’humanité brisée de douleur, ne sont pas des pièces de musée à épousseter pieusement, mais un chant répercuté d’âge en âge, ce chant de l’alléluia que rien ne pourra faire taire.


Alléluia, Christ est ressuscité, alléluia !


Frère Guillaume

Dimanche de Pâques

(Ac 10, 34a.37-43 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9)

Dimanche de Pâques

4 avril mars 2021

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